Thierry Henry: ancien King du pitch, nouveau bouffon du screen | Offside !

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Tout avait pourtant si bien commencé. Tu étais le chouchou français de l’ïle de Grande-Bretagne, David Ginola était un lointain souvenir et tu avait remplacé dans le coeur des jeunes (et moins jeunes anglaises) l’ancien playboy de Tottenham.

Tu étais le porte-étendard de la classe et du charme à la française avec ce qu’ils appellent ici notre « je ne sais quoi« . Tu avais le monde anglais du football à tes pieds avec des quatre titres de meilleur buteur de Premier League, tes « Invicibles », ta présence au Hall of Fame, ta statue à l’entrée de l’Emirates Stadium, tes 228 buts en 377 matches avec le club du Nord de Londres, ta maison à Hampstead…

Et puis SkySports t’a choppé au vol. Avec un contrat de cinq millions d’euros par an pendant les six prochaines années qui ont fait de toi le commentateur de football le mieux payé de l’histoire, tout le monde attendait avec impatience ton accent français et tes remarques fines et ciselées comme l’ont été la plupart de tes chef d’oeuvres face aux buts adverses.

Quand tu as débarqué sur le plateau de la la chaîne cablée la plus regardée du Royaume, il y avait autour de toi énormément d’attentes. Avec un tel pedigree, un tel flair pour le jeu démontré dans tous les coins d’Angleterre pendant huit saisons, tous étaient pendus à tes lèvres pour te voir « va-va-voomer » à tout va.

Grosse erreur! Grosse chute! Après de multiples atermoiements, beaucoup de vent, rien d’incisif et finalement quelques critiques mal placées, tu t’es fait massacrer d’abord par Twitter avant que tes nouveaux collègues des médias s’en mèlent. Et ça a fait très mal comme avec Barney Ronay du Guardian qui s’est chargé de te le tailler ton costume. Il y a mis les formes mais te l’a dessiné très à propos: « La meilleure chose que vous pouvez dire à propos d’Henry sur SkySports c’est qu’il à l’air de sentir bon. Il a souvent été banal ou réservé. Au pire il semblait présent contre son gré, comme un homme que l’on aurait secoué au réveil, mis de force dans un costume serré et brillant, emmené dans un studio en sous-sol et contraint, pour des raisons qui demeurent incertaines, pour parler avec un ton bas et monotone de « prendre sa chance » ou de « l’importance des meilleurs joueurs ». »

Pris en grippe par les téléspectateurs, ils n’oublieront pas de sitôt ses commentaires sur la « trop forte » démonstration de joie de Chicharito après son but qui qualifie le Real Madrid en demi-finale de C1. Il a déjà pris sa place dans les pires commentateurs de football en Angleterre alors que dans ce classement exhaustif, il arriverait en pôle position devant des pointures telles que Jamie Redknapp, Dwight Yorke, Robbie Savage ou encore Alan Shearer, tous descendus, matches après matches, de ce côté de la Manche.

Pas encore au niveau d’un Gary Neville ou d’un Jamie Carragher, tous deux excellents dans leurs rôles d’analystes sans langue de bois, il apparaît très GQ mais encore loin de ses deux découpeurs de collègues. Bien trop tendre et en plein dans le conscencus, on a l’impression qu’il essaye de ne froisser personne tout en jettant par-ci, par-là des critiques mal à-propos avec son air arrogant le plus détestable.

Avec ces derniers commentaires sur le manque de niveau d’Olivier Giroud pour permettre à Arsenal d’aller chercher un titre majeur dans les saisons à venir, il tente sûrement de redresser la barre.

Le gendre parfait des ménagères de moins de 50 « years old » a jusqu’à la fin de la saison pour essayer se refaire une image et retrouver son adresse dans la petite lucarne pour s’éviter un retour prématuré aux vestiaires.

Olivier Sclavo, à Londres.

PS: Pour ceux d’entre vous qui étiez au premier rang de la 4e5 pendant les cours de Mme Martin, voici le très bon article du Guardian: http://www.theguardian.com/football/blog/2015/apr/24/thierry-henry-unpopular-pundit-sky-sports