Jacques Villeret: retour sur la maladie qui l'a tué, c'est vraiment hyper triste

Jacques Villeret: retour sur la maladie qui l’a tué, c’est vraiment hyper triste

Cela fait 15 ans que Jacques Villeret, l’immense acteur, nous a quittés. De quoi est mort le comédien en janvier 2005 ? C’est une question qui divise encore aujourd’hui. Ses proches n’ont jamais annoncé officiellement les raisons exactes de sa mort, mais il existe néanmoins une théorie que l’artiste aurait succombé à ses addictions. Son ex-femme et sa sœur ne sont pas d’accord, et livrent chacune leur version.

Originaire de Tours, ville dans laquelle il fera le conservatoire, le jeune homme rêve de théâtre et de cinéma, et ce, depuis qu’il est enfant. Après ses études, il décide de tenter sa chance et de monter à Paris pour entamer sa carrière de comédien. C’est premièrement par le cabaret qu’il a commencé, et ensuite, il enchaînera les petits rôles. Les années passant, il commence à se faire un nom à travers plusieurs comédies, mais c’est évidemment dans des rôles comme  » Le dîner de cons  » pour lequel il obtiendra d’ailleurs un César, ou encore  » La soupe aux choux « , et  » Papy fait de la résistance « , qu’on se souvient du comédien tantôt comique tantôt tragique.

Si officiellement son décès était dû à une hémorragie interne, dans un hôpital de Paris en 2005, son ex-femme Irina Tarassov prétend que ce serait dû à son abus d’alcool que l’acteur serait décédé. S’il est vrai qu’on le savait dépressif et avoir un penchant pour les paradis artificiels, il est très difficile d’affirmer que c’est de ce mal qu’il a succombé dans une clinique parisienne.

Jacques Villeret, c’est en autre la réplique culte  » Juste Leblanc  » dans  » Le dîner de cons  » avec Thierry Lhermitte, Daniel Prévost et Francis Huster. S’il a d’abord joué cette pièce au théâtre, ce sera dans le long-métrage qu’il connaîtra un véritable succès, comme le film d’ailleurs qui réalisera plusieurs millions d’entrées, et qui à chacune de ces rediffusions à la télévision réalise de gros scores d’audience. Jacques Villeret, c’est aussi l’extraterrestre de  » La soupe aux choux « , film dans lequel il partage l’affiche avec un autre monstre sacré de la Comédie, Louis de Funès.

Parfois confiné dans des rôles de personnage comique en usant de son physique et se faisant passer pour le petit gros de service, il participera aussi à beaucoup de films où il interprète des rôles beaucoup plus dramatiques et beaucoup plus profonds. S’il y a un film qui peut résumer sa carrière et sa polyvalence, c’est bien le rôle du mari assassin dans  » Un crime au paradis « , dans lequel il partage l’affiche avec l’actrice Josiane Balasko. Parti à l’âge de 54 ans l’acteur comptait derrière lui une très belle carrière, et tenait une place importante dans le cœur du public.

Dans un livre publié il y a quelques années,  » Un jour, tout ira bien « , son ex-femme revient sur son parcours, sur ses amours et sur son mal-être qui était sûrement à l’origine de ces périodes de dépression, qui ont empêché parfois l’acteur de remplir ses obligations et parfois même de devoir annuler des représentations au théâtre le soir ou de ne pas être présent sur les plateaux de tournage. Il lui avait avoué lors de leur première rencontre, ne pas être doué pour le bonheur.

Dans la célèbre émission  » Tout le monde en parle « , présentée par Thierry Ardisson en 2014, les deux femmes avaient livré un témoignage bien différent sur la vie de Jacques Villeret.

Son ex-femme d’affirmer qu’il était alcoolique au plus haut point, et qu’il se montrait souvent violent envers elle, que s’il avait réussi sa carrière, c’était en grande partie dû au soutien qu’elle lui apportait, de l’autre côté sa sœur affirme que si le ton pouvait monter lorsqu’il avait bu, jamais il ne s’en était pris à personne physiquement .

Selon la sœur de Jacques Villeret, la cause de son divorce après 20 ans de mariage serait qu’un jour en partant de chez lui dans l’escalier, il a rencontré un huissier qui venait frapper à sa porte pour réclamer des impôts impayés. Jacques Villeret, qui avait été toujours loin de ces considérations financières, s’était étonné d’avoir des dettes. Peu impliqué dans les questions d’argent, il laissait la gestion des finances à sa femme. Convaincue d’être assise sur un matelas confortable puisqu’il travaillait beaucoup, la réalité fut tout autre ; lesdits impôts n’étaient effectivement pas payés et plus graves, il n’y avait plus d’argent sur les comptes.

Ce serait pour ce motif que Jacques aurait demandé le divorce, et même s’il se sentait trahi, cette séparation l’a complètement détruit, et ce serait à cette époque que son penchant pour la boisson serait devenu réellement problématique. À tel point que ses parents et sa sœur auraient dû le faire interner de force pour essayer de sauver la vie de Jacques, qui était en train de se détruire complètement. Il en aurait beaucoup voulu à sa famille de l’avoir forcé à se faire interner, raconte sa soeur dans l’émission d’Ardisson. Selon son ex-femme, ce mal-être qui le détruisait, qui le rongeait chaque jour un peu plus, viendrait en fait d’une blessure d’enfance lorsque à l’âge de 7 ans, il aurait appris par hasard que ce père qu’il aimait tant n’était en réalité pas son père naturel. Disparu depuis bientôt 15 ans, Jacques Villeret laisse le souvenir d’un acteur tendre et attachant, mais aussi d’un homme rongé par ses démons.

On a plutôt envie de se souvenir de lui comme ce jour où il ira chercher son César pour son interprétation de François Pignon dans le célébrissime  » Dîner de cons « , interprète magistral dans un film qui, en plus d’être un des plus grands succès du cinéma français, restera encore pour longtemps un film culte. Une longue et belle carrière pour un acteur qui a joué aux côtés des plus grands et avec les meilleurs metteurs en scène.

Francis Weber, son ami de longue date, confie que Jacques jouait avec la mort, Jean-Pierre Mocky, avouait qu’il sortait de plus en plus la nuit pour se plonger dans l’alcool. Souffrant depuis de nombreuses années d’un diabète sévère, il est certain que sa maladie ajoutée à son addiction a plus que probablement créé un cocktail mortel pour l’acteur qui semblait terriblement souffrir.

La disparition de Jacques Villeret aura laissé un grand vide dans le paysage du cinéma français, et ses obsèques dans la petite ville de Loches furent un moment émouvant. Des centaines d’inconnus et de célébrités s’étaient réunis pour rendre un dernier hommage au grand comédien. Le ministre de la Culture de l’époque, Renaud Donnedieu de Vabres avait pris la parole à la fin de la cérémonie pour avoir une dernière pensée pour l’artiste, et prononcer cette phrase qui sonnait d’une justesse parfaite dans la petite église provinciale :  » Jacques était celui dont on avait envie de devenir l’ami « , avant que ne résonnent les premières notes de la chanson de Jacques Brel  » Ne me quitte pas « .