Faudel: Mais qu’est-il arrivé au prince du Raï quelques années après.

Faudel: Mais qu’est-il arrivé au prince du Raï quelques années après.

Faudel, le petit prince du Raï, comme il a été baptisé par l’industrie musicale, a connu le succès avec « Tellement je t’aime ». Son album « Baida » s’écoulera à plus de 300.000 exemplaires et il sacrée double disque d’or. Il remporte une victoire de la musique dans la catégorie « Révélation de l’année » en 1999.

Retour sur le parcours de ce garçon qui avait des rêves plein la tête. Faudel est né le 6 juin 1978 à Mantes-la-Jolie. Il grandit dans la cité du Val-Fourré avec des parents d’origine modeste : son père est ouvrier et sa mère, femme de ménage. C’est en admirant sa grand-mère chanter qu’il s’est intéressé dès l’âge de 12 ans à la musique. Il chante le raï, un genre musical venant d’Algérie et ne tarde pas à faire son arrivée en France dans les années 80.

Mais, ce style devient populaire plutôt dans les années 90. Le raï entre dans la catégorie de la World Music et rejoint ainsi le reggae, la techno ou encore le rap. D’ailleurs, à la question : qu’est ce que l’âme du raï, il explique lors d’un reportage qui lui est consacré en 1995, dans l’émission Saga Cités : « quand tu chantes l’amour, cela te fait rêver. Voilà, c’est ça, le raï » !

 

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Ce soir à 21h live insta #mesvraifans #memories #princedurai #jeveuxvivre #bari_n3ich #loveyou #nbghikom_ga3 #restezchezvous #ريح_في_داركم

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À ce moment-là, des tubes inondant les ondes, parmi lesquels, « Didi » de Cheb Khaled, « Ya Rayah » de Rachid Taha ou encore « Parisien du Nord », de Cheb Mami et K-Mel du groupe Alliance Ethnik.

Faudel est don le petit dernier à rejoindre ses pairs. À 17 ans, le petit prince du raï est né !

Il participe au Festival de la Jeunesse du Val de Marne, parrainé par Cheb Mami. Sur scène, sa petite bouille séduit le public féminin mais pas que ! Car beaucoup de jeunes issues de la banlieue voient en lui, un espoir. Celui de croire très fort en ses rêves et que tout est possible.

Faudel le sait, rien n’est acquis et il doit travailler plus que certains artistes « nés au bon endroit ».

Néanmoins, il gardera toujours un attachement à cette ville qui l’a vue grandir.

Alors que tout va pour le mieux, sa carrière bascule depuis qu’il a affiché son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007 pendant la campagne présidentielle. Une grande partie de son public ne le comprend plus. Quel rapport entre lui, issue des banlieues, fils d’immigrés et un candidat de droite qui s’est avéré intransigeant à l’égard des jeunes qui ne croient plus en une perspective d’avenir et qui basculent dans l’illégalité ?

 

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Très heureux d’avoir reçu 3 trophées machallah 🙏merci mon public @art_du_caftan_festival #thankyou #lovemyfans #newsong #soon #smile @sofitelcasablancatourblanche

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Faudel se demande ce qu’il a bien pu faire de si grave. Mais sa réponse est peut-être cette bienpensante qui dit qu’un artiste doit rester à sa place et ne pas étaler son soutien à un bord politique ou son opinion. Le rôle d’un artiste est de divertir par son œuvre et il ne doit s’en tenir qu’à cela.

Un passage a particulièrement interpellé pendant l’émission de Laurent Ruquier « On a tout essayé » dans laquelle il était l’invité témoigne de son état d’esprit alors qu’il est en plein dans le tumulte et le scandale médiatique. L’humoriste Moustapha El Atrassi entame son billet d’humeur sur le plateau.

Dans un premier temps, Faudel rit jaune et lui dit que dans les coulisses il lui a confié qu’il l’aimait bien mais au fil de sa chronique, l’humoriste lui fait remarqué que d’habitude Faudel sourit beaucoup, que c’est même sa marque de fabrique et a imaginer deux minutes que Faudel soit président de la république et qu’il dit face caméra « J’augmente les impots » pour savoir si cela passe bien. Faudel rétorque qu’il n’est pas un juke-box. Ce, à quoi Moustapha El Atrassi répond : « mais on m’a dit que tu étais un acteur, c’est écrit dans ta bio, juste à côté du fait que tu sois ami avec Nicolas Sarkozy ».

Mais ce qui l’a fait sortir de ses gonds, c’est un passage ou le chroniqueur associait les maghrébins au fait qu’ils seraient bon vendeur comme, par exemple, essayer de vendre un Airbus (avec l’accent).

 

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Faudel le reprend à nouveau pour lui dire s’il trouvait que c’était drôle. Le dessinateur, Philippe Geluck intervient en lui disant que ce n’est pas bien de saboter le travail d’un artiste et qu’il est limite ennuyeux ! Et d’ajouter : « il se moque de lui-même et non de vous, c’est cela que vous devriez comprendre ! » Comme un juif ou un homosexuel peut se servir de ses propres clichés rajoute Pierre Benichou.

Le public approuve et Laurent Ruquier demande gentiment à Moustapha El Atrassi de finir malgré tout. Ce dernier conclue que l’on lit partout que l’artiste se définie comme un marchand de bonheur mais s’il y’a bien une chose qui ne se marchande pas, c’est le bonheur.

Voilà l’explication de sa popularité déclinante.

Faudel est redescendu aux yeux du public aussi vite qu’il est monté !

D’autres artistes ont depuis, affichés leur soutien à un candidat et ont essuyé les critiques sans que cela ait eu un impact sur leur carrière.

Depuis la sortie de son titre « Mon pays » dans lequel il proclame son appartenance à la France, son pays de naissance, peut-être y verrons nous la réponse aux critiques dont il a été victime. Il n’a plus sorti d’album et s’est fait discret.

 

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Voilà la vérité voilà d’où je viens un grand patron comme pascal Negre

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Ce n’est qu’en 2018 qu’il refait surface dans les médias, sur le plateau de Touche pas à mon poste, animé par Cyril Hanouna.

Il apparait changé physiquement, à tel point que beaucoup de téléspectateurs ont mis un certain temps avant de le reconnaître !

Aux dernières nouvelles, il a créé son affaire, une sandwicherie et s’y investi à tous les niveaux. Il a ainsi accompli un autre de ses rêves les plus fous, celui d’être son propre patron, une reconversion étonnant mais plus sûr car il ne le sait que trop, le succès est éphémère. Il n’est pas exclu qu’il ne travaillera pas sur un prochain album dans un avenir proche.