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Le « Brexit »: quels effets sur le football britannique?

Tôt ce matin les habitants du Royaume-Uni ont décidé d’écrire une nouvelle page de leur histoire en se prononçant à 52% en faveur de la sortie de l’Union Européenne. En attendant, les spécialistes du sport s’interrogent sur le futur du football au sein des îles britanniques, avec un œil tout particulier tourné vers la Premier League.

Quentin Toulemonde — 24 juin 2016
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Tôt ce matin les habitants du Royaume-Uni ont décidé d’écrire une nouvelle page de leur histoire en se prononçant à 52% en faveur de la sortie de l’Union Européenne: le « Brexit ». En attendant, les spécialistes du sport s’interrogent sur le futur du football au sein des îles britanniques, avec un œil tout particulier tourné vers la Premier League.

Les conditions de cette sortie sont encore floues et seront mises en œuvre sur une période pouvant s’étendre sur deux ans. L’impact véritable sur l’économie britannique ne sera donc probablement mesurable que dans quelques années.  Voici quelques changements, plus ou moins vraisemblables, qui pourraient s’opérer dans les prochains mois.

LES CONSEQUENCES PLAUSIBLES

Les joueurs européens devront solliciter un permis de travail

C’est certainement la conséquence la plus probable du Brexit, même s’il est probable que les hautes instances de la Premier League feront tout pour obtenir une dérogation. Le permis de travail s’applique aujourd’hui uniquement aux joueurs extracommunautaires et la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne étendrait cette contrainte à tous les pays. Et ces règles ont été durcies depuis l’an dernier afin de privilégier l’éclosion de jeunes talents britanniques. En résumé, un joueur ne peut évoluer dans un championnat britannique (peu importe le niveau) que s’il est international, si sa sélection fait partie du top 50 au classement FIFA et s’il a participé à une certaine proportion des matchs de sa sélection au cours des deux dernières années, proportion qui varie en fonction dudit classement FIFA de sa sélection (30% pour les 10 meilleures nations, 45% entre la 11e et la 30e place, 75% pour les rangs 31 à 50). Ce qui de facto empêche tout joueur non-international et/ou provenant d’une nation « mineure » du football d’élire résidence au Royaume-Uni.
Le plus : West Ham remercie Didier Deschamps d’avoir rappelé Dimitri Payet en équipe de France suffisamment tôt.
Le moins : Manchester City a enfin une excuse en béton pour se débarrasser de Samir Nasri.

 

La chute de la livre rend le championnat britannique moins puissant financièrement

La livre sterling perdait ce matin plus de 5% par rapport à l’euro, ce qui diminue d’autant la valeur des joueurs présent au Royaume-Uni. Alors que la livre forte avait entre autres facteurs permis aux clubs de Premier League de piller les clubs du continent, la tendance pourrait s’inverser lors du prochain mercato.
Le plus : Le PSG flaire la bonne opportunité et se positionne immédiatement sur Kane, Agüero et De Bruyne.
Le moins : Le Real, le Barça et le Bayern ont la même idée. Finalement Lo Celso c’est déjà très bien.

 

Irlande du Nord et Eire jouent sous le même maillot

A peine le résultat du référendum connu, le Sinn Fein, parti de gauche nationaliste irlandais, a appelé à un référendum sur l’unification de l’Irlande. Dans le domaine du sport, les couleurs de l’ensemble de l’Irlande sont déjà défendues au rugby par une unique équipe. Il n’est donc pas impossible de voir dans un futur proche l’Irlande du Nord et l’Eire joindre également leurs forces au football.
Le plus : La charnière O’Shea – Evans est la plus imperméable de l’histoire de l’île.
Le moins : L’unification signifie la fin de la carrière internationale de Robbie Keane, supplanté par Kyle Lafferty.

 

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Crédits: Quiet British Accent

 

LES CONSEQUENCES MOINS PLAUSIBLES

Les équipes britanniques encore engagées à l’Euro 2016 se retirent

Ne se reconnaissant plus dans une compétition qui sert une union prétendument « politique », l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Irlande du Nord et l’Eire décident immédiatement de se retirer de l’Euro.
Le plus : Avec initialement l’Irlande puis l’Angleterre sur son chemin, la France a désormais un boulevard vers les demi-finales.
Le moins : Les spectateurs de Pays de Galles – Irlande du Nord demandent le remboursement de leur billet.

Les équipes devront aligner 100% de Britanniques

Le « Brexit » est avant tout l’expression d’une volonté de préférence nationale. Dans le domaine du football, de nombreux commentateurs ont exprimé au cours des années leur frustration de ne voir aucun joueur anglais titularisé dans les meilleures équipes du pays – on pense à Arsenal à une époque, et plus récemment Manchester City ou Manchester United. Galvanisée par la perspective de la sortie de l’Union Européenne, la FA décide d’aller encore plus loin en imposant à toutes les équipes de n’aligner que des joueurs britanniques.
Le plus : La cote d’Andy Carroll monte à nouveau en flèche.
Le moins : A court de défenseurs, Chelsea prolonge John Terry jusqu’en 2020.

 

Les pays du Royaume-Uni quittent l’UEFA

Les partisans du « Brexit » ont avancé comme argument leur volonté de voir leur pays enfin libéré des contraintes européennes décidées à Bruxelles. Le football n’échappe pas à la règle et le Royaume-Uni décide de se libérer du joug de Nyon en retirant toutes ses équipes, internationales et domestiques, de l’UEFA. Plus d’Euro pour l’Angleterre et plus de Ligue des Champions pour Leicester City, donc. Ces compétitions sont remplacées par des tournois entre équipes britanniques.
Le plus : En 2020, l’équipe d’Angleterre met fin à plus de 60 ans de disette sur le plan international.
Le moins : Battu par la vaillante équipe de Motherwell, Arsenal s’avère une nouvelle fois incapable de passer le stade des quarts de finale d’une compétition internationale.

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L’Angleterre revient au football des années 1970 et rend obligatoire le « kick and rush »

Arguant que « avant c’était mieux », les supporters anglais décident de revenir au football tel qu’il se pratiquait avant l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union Européenne, en 1973. Fini les constructions de jeu léchées et les redoublements de passes, désormais la priorité revient aux longs ballons expédiés par les défenseurs sur la tête de leurs attaquants.
Le plus : Les hipsters se réjouissent du retour des barbes et des cheveux longs sur les terrains de Premier League.
Le moins : L’Angleterre n’avait pas réussi à se qualifier pour la Coupe du Monde 1974.

 

Reebok devient sponsor maillot exclusif de la Premier League

La préférence nationale se traduit aussi de manière économique. Pour s’assurer que la manne de la Premier League demeure entre des mains britanniques, la FA résilie les contrats d’équipementier de Nike et d’Adidas et impose Reebok comme sponsor officiel.
Le plus : Equipé par la marque, le RC Lens est invité à disputer un tournoi exhibition à l’Emirates Stadium.
Le moins : Le prix du maillot third des Bolton Wanderers version 1990-1991 flambe sur eBay.

 

Partisan du « Bremain », Londres établit un championnat séparé

Alors que le reste de l’Angleterre s’est prononcée en faveur du « Brexit », les Londoniens ont exprimé leur volonté (à plus de 60%) de rester dans l’Union Européenne. Frustrés par cette décision, ils décident à leur tour de se séparer du reste de l’Angleterre : Chelsea, Arsenal, Fulham, Tottenham, West Ham, QPR et Crystal Palace quittent leurs championnats respectifs et créent une compétition réservée aux équipes de Londres.
Le plus : Des affiches toutes les semaines.
Le moins : Le retour tant attendu de Jose Mourinho à Stamford Bridge sous les couleurs de Manchester United n’aura pas lieu.

 

Le Royaume-Uni bannit les investissements étrangers

Afin de protéger ses travailleurs, le Royaume-Uni décide de nationaliser toutes les entreprises détenues par des étrangers. Les clubs de football ne font pas exception : exit entre autres Roman Abramovitch à Chelsea, la famille Glazer à Manchester United et Vichai Srivaddhanaprabha à Leicester City.
Le plus : Les esthètes louent la fin du « football pourri par le fric ».
Le moins : En déficit chronique, la Premier League prend peu à peu des allures de Ligue 1.

 

La FA introduit l’obligation de « construire à gauche »

Fiers de leurs exceptions culturelles, les Anglais décident de se différencier du continent en appliquant la spécificité de leurs règles de conduite au football. En championnat, la FA oblige alors les équipes à passer par le côté gauche pour construire leurs actions.
Le plus : Ryan Bertrand est élu joueur de l’année en Premier League.
Le moins : Pris de court lors du dernier jour du mercato estival, Tottenham cède en catastrophe Kyle Walker, devenu inutile, au PSV Eindhoven.

 

La Reine d’Angleterre détermine les compositions d’équipe

Le « Brexit » redonne au Royaume-Uni une entière souveraineté sur ses décisions. En particulier la Reine d’Angleterre décide de s’octroyer un droit de regard sur la composition de toutes les équipes de son Royaume.
Le plus : Une couronne sur la tête est un atout indéniable sur corner.
Le moins : L’ambiance des jardins de Buckingham est nettement moins chaleureuse que celle du stade d’Anfield.

Quentin Toulemonde

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