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Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts

Avec son exposition Every Player Counts, la photographe anglaise Flora Maclean veut briser les préjugés du public sur le football féminin. Elle offre le regard d’une passionnée, au plus près des terrains anglais, sur le sport qui l’enchante depuis petite et qui reste toujours dans l’ombre de celui joué par les hommes.

Olivier Sclavo — 23 juin 2016
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts
Flora Maclean célèbre le football féminin dans Every Player Counts

Avec son exposition Every Player Counts, la photographe anglaise Flora Maclean veut briser les préjugés du public sur le football féminin. Elle offre le regard d’une passionnée, au plus près des terrains anglais, sur le sport qui l’enchante depuis petite et qui reste toujours dans l’ombre de celui joué par les hommes.

Offside!: D’où te vient cette passion du ballon rond?

Flora Maclean: Je joue au football depuis que je suis née. Mon grand-père était pro en Ecosse. J’étais l’ainée des petits-enfants donc il m’a refilé le virus. J’ai toujours joué au foot. Quand on joue à 11, je joue ailier droit, mais à 5 je joue dans le couloir et j’essaye de défendre. Je joue deux fois par semaine avec les Boiler Room Ladies. Je suis inutile en défense. Je suis rapide et agile mais je n’arrive pas à stopper les joueurs qui sont rapides.

J’ai toujours envie de jouer, j’en ai faim. Je me rappelle mon premier tournoi, j’avais 5 ans et il fallait s’inscrire avant de pouvoir jouer. On voyait le terrain et je n’avais qu’une envie c’était d’aller jouer plutôt que de signer des papiers.

« Je veux mettre en avant la force des joueuses »

Offside!: Quelle est la démarche de ton exposition Every Player Counts?

Flora Maclean: J’en ai eu marre de tous les préjugés sur le football féminin donc je voulais faire quelque chose dessus. J’ai l’impression que les gens ont une vision complètement fausse sur les femmes qui jouent au foot. Les gens sont toujours surpris quand je leur dis que je joue. Mais ce n’est pas surprenant du tout, je connais plein d’autres filles comme moi qui jouent, et plein d’autres pas comme moi. Il y a des tas de profils de filles différents qui pratiquent ce sport. Tu peux être ultra-féminine ou pas du tout.

Autosave-File vom d-lab2/3 der AgfaPhoto GmbH

Je voulais aussi le rendre plus populaire. Les gens n’y pensent pas quand ils pensent au football. Tout est là, mais ils ne regardent pas dans la bonne direction. Donc cette exposition c’est aussi pour le célébrer, genre: « hey, le sport existe, il est là, c’est une culture à laquelle vous pouvez vous mêler ». C’est déjà un sport très cool, mais c’est juste que les gens ne le connaissent pas. Je veux mettre en avant la force des joueuses. Il n’y a pas de froufrous dans mes photos, pour libérer les femmes de leur genre et les aider à être qui elles veulent être.

Tu supportes une équipe en particulier?

Je suis une fan de foot, mais je suis plus le football féminin que celui des garçons. Ce n’est pas pour protester mais ça va aussi dans le sens de ma démarche. Mais j’ai toujours préféré jouer plutôt que le regarder. Je ne sais pas si je supporte une équipe en particulier, je suis plus fan d’un joueur, ou d’une joueuse à vrai dire. Ma préférée c’est Farah Williams, juste à cause de son histoire. Elle était sans domicile fixe avant sa carrière et maintenant elle donne tellement aux autres. Ça montre comment à quel point le football peut être utile, grâce à son aspect social et la possibilité d’aider les gens de pleins de manières différentes. Je pense qu’elle en est un bon exemple.

L’équipe que je supporte vraiment et que je supportais avant de venir à Londres, c’est Lewes. C’est juste en dehors de Brighton, dans le Sussex. Les Lewes Ladies sont géniales! L’année où je les suivais vraiment, elles avaient battu Brighton, qui est une énorme équipe, c’est les Seagulls quand même! C’était une saison extraordinaire. Jacquie Agnew, leur manager est une femme, ce qui est très rare. Elle est géniale aussi. Il y a une photo d’elle où elle est projetée en l’air par les joueuses à la fin de la saison. C’était son dernier match, elles avaient gagné contre Cardiff City et ça faisait 10 ans qu’elle entrainait les filles. Elle est directrice sportif maintenant.

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Je trouvais ça fou qu’il n’y avait que 50 à 80 personnes lorsque les femmes jouaient. La place coûtait 3£ et c’était dans le même stade que les hommes. Alors qu’eux attiraient entre 500 et 800 spectateurs et ils jouaient dans les divisions bien plus basses, bien que les femmes pratiquaient un jeu bien plus excitant. Je me demandais: « Pourquoi vous ne préférez pas aller voir un match bien meilleur que celui-là? » Moi j’y étais toutes les semaines. Mon mec se prenait une pinte et une pie et regardait le match, pendant que moi je me baladais et je prenais des photos.

Ce sont de supers femmes et c’est en plus tellement rare d’avoir un manager féminin avec une approche féminine du jeu. C’est pareil avec les arbitres, je n’ai vu qu’une seule femme arbitre, sur toutes les fois où je suis allée faire des photos. C’est fou, les garçons arbitrent les filles, donc pourquoi le contraire n’est-il pas possible? C’est un choix de carrière et pourtant on n’y voit aucune femme, je trouve ça étrange.

« J’étais parfois sur le terrain, avec mon appareil, et les joueuses évoluaient autour de moi »

A la base tu es photographe de mode, comment as-tu abordé la photographie de football?

Je ne suis pas une photographe sportive donc j’ai dû me jeter à l’eau et faire travailler ma créativité. Je n’ai pas un très bon appareil photo et en plus c’est un argentique sans zoom ni rien. Donc j’ai dû être inventive et créative avec ce que j’avais. J’ai pas mal de jolies photos floues mais je n’ai pas vraiment pu les utiliser. Je me baladais autour du stade, j’essayais différents angles, de plus haut, au plus près de l’action, j’allais aux entrainements, j’étais parfois sur le terrain, avec mon appareil, et les joueuses évoluaient autour de moi.

Je prends des photos quand je suis à l’entrainement, quand on joue nos matches, ou alors je rencontre des filles qui me disent qu’elles jouent pour telle ou telle équipe et je me déplace, pendant leurs matches, chez elles. C’est très facile de rencontrer des gens dans ce monde.

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Je me suis fait renverser par un camion quand j’étais à vélo et je me suis cassé la jambe. Du coup ça fait 3 mois que je n’ai pas joué et je reviens petit à petit. Ça m’a permis de me concentrer sur mon travail photographique mais du coup c’était super frustrant de faire des photos alors que j’avais tant envie de jouer.

Pour l’Euro 2016, tu seras derrière qui?

Je ne peux pas supporter l’Angleterre parce que mes parents sont écossais. C’est interdit, même si on ne s’est pas qualifié pour le tournoi. Et le football féminin est un peu au même niveau que chez les hommes, pas très bon. Ils ont autant d’argent, autant dire, peu. Mais je vais quand même être derrière les Three Lions pour l’Euro. Tous mes potes sont anglais donc c’est agréable d’avoir ce sentiment d’appartenance. Mais mon père, il n’y a pas moyen! Il supportera toutes les équipes qui affronteront l’Angleterre.

Olivier Sclavo

Journaliste, né dans le nid des Aiglons de l'OGCNice et vouant un culte sans fin à Paul Scholes. Basé à Londres pour vous donner le meilleur de ce que le football anglais a à nous offrir: des buts, des frappes, des tacles, de la bière et des tacles.

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