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Leicester champion : Une leçon de vie

Les Foxes ont réussi le plus grand exploit du football anglais. Zoom sur ce qui est avant tout le succès d’hommes qui ont connu la galère et savourent leur revanche

Paul Basse — 2 mai 2016
Leicester champion : Danny Drinkwater ne va pas boire que de l'eau
Leicester champion : Danny Drinkwater ne va pas boire que de l'eau

Il y a ceux qui ont pris un pari fou contre une côte de 5000/1. Ceux qui ont promis de se tatouer le visage de Jamie Vardy sur la fesse droite ou gauche. Il y a Gary Lineker qui avait indiqué vouloir présenté Match Of The Day -le Jour de Foot français- en slip. Tout un tas d’hommes ou de femmes qui ont pris des engagements aussi drôles que loufoques. Pas un ne croyait le moins du monde à un titre de champion d’Angleterre pour un club qui a évité de justesse la relégation en mai 2015. Pourtant, ce lundi, Leicester City Football Club a décroché la Barclays Premier League et déjoué les pronostics.

Pas sûr que ces engagements soient tous respectés. Vardy, sur une fesse, un bras ou une jambe, c’est gênant, quand bien même il est l’un des acteurs numéro 1 (22 buts) de la plus grande sensation de l’histoire du football anglais. Car oui, même si les mots peuvent être forts, il serait malvenu de minorer ce qu’a accompli la bande à Chavy Jamie Vardy. C’est un exploit hors-norme, le premier titre de l’histoire des Foxes, une prouesse phénoménale, une performance exceptionnelle. Soyons dithyrambiques : usons de mots à la hauteur de l’exploit. Rappelons pour étayer notre propos qu’aucun club depuis 2000, hormis Arsenal, Chelsea, Manchester United et Manchester City n’ont été sacrés champion d’Angleterre.

La moitié de ces Immortels n’a pas un talent individuel prodigieux (Huth, Morgan, Fuchs, Albrighton, Okazaki, Simpson), quand l’autre a un niveau international (Schmeichel, Drinkwater) ou le niveau du gratin européen (Mahrez, Vardy, Kanté). Un talent disparate loin des effectifs des champions de ces dernières saisons, oui. Mais on peinera à trouver meilleure équipe, meilleure cohésion, meilleure force collective.

L’argent, oui Leicester en a ; mais n’en avait pas assez avant la saison pour être placé dans le cercle -très traditionnel- des candidats au titre. Leicester rappelle, qu’au fond, en football, posséder une manne financière colossale garantie tôt ou tard (Chelsea, Manchester City) de gagner ; mais qu’un exploit retentissant demeure possible. Reste à savoir si Leicester sera un one-shot ou la fin du traditionnel Big Six (Arsenal, Chelsea, Manchester United, Manchester City, Liverpool, Tottenham) : car en Angleterre plus qu’ailleurs, tout le monde est au moins riche quand certains sont très riches, ou très très très riches. De quoi niveler les forces ?

Ils ont connu la lose, ils jouissent du titre

Ne nous laissons pas non plus sombrer dans le populisme en voyant tout par le prisme du blé, comme si Leicester était le club vertueux, ou une sorte de petite main faisant la nique au gros. Non. S’il fallait résumer Leicester, juste un peu, ce serait parler d’une leçon de vie. Chacun des acteurs de ce club a connu la difficulté avant, en ce 2 mai de siroter quelques coupes de champagne.

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Kasper Schmeichel a vécu dans l’ombre de son père, le légendaire Peter. Il s’est fait un nom. Danny Simpson et Danny Drinkwater n’ont pas percé à Manchester United et ont connu la Championship avant de s’imposer en Premier League. Robert Huth a toujours été raillé pour son côté brut, lent et sans talent. Wes Morgan a été rejeté par Nottingham Forest. Tout proche d’arrêter le football, il a rebondi. Le meilleur joueur de Premier League, Riyad Mahrez a été jugé trop faible, trop frêle, trop petit pendant toute sa jeunesse. N’Golo Kanté était amateur jusqu’à 19 ans. Jamie Vardy est celui qui a écumé les pelouses de ligues non-professionnelles jusqu’à l’âge de 25 ans

Tous ces destins ont en commun le combat contre l’adversité, la ténacité et le courage. Ce sont ces valeurs qui constituent le ressort du succès d’une saison inoubliable. En somme qu’après la lose le brouillard se dissipe. Personne d’autre que Claudio Ranieri ne personnifie mieux ce titre. Toujours présenté comme un vaincu, l’Italien a accompli le chef d’oeuvre d’une carrière. Des finales ou des titres, il en a laissé échapper. Pour lui comme pour ses joueurs et son public, un titre avec Leicester en vaut peut-être 10.

Paul Basse

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Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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