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Joseph Gamble: Du dessin pur d’un pur produit d’Elland Road

On est allé à la rencontre de Joseph Gamble, illustrateur anglais au trait unique qui officie dans les pages de Pickles Magazine, The Square Ball et tout récemment drafté par Arsenal alors qu’il ne vit que pour Leeds United.

Olivier Sclavo — 26 février 2016
Joseph Gamble: Du dessin pur d’un pur produit d’Elland Road
Joseph Gamble: Du dessin pur d’un pur produit d’Elland Road
Joseph Gamble: Du dessin pur d’un pur produit d’Elland Road
Joseph Gamble: Du dessin pur d’un pur produit d’Elland Road
Joseph Gamble: Du dessin pur d’un pur produit d’Elland Road
Joseph Gamble: Du dessin pur d’un pur produit d’Elland Road
Joseph Gamble: Du dessin pur d’un pur produit d’Elland Road

On est allé à la rencontre de Joseph Gamble, illustrateur anglais au trait unique qui officie dans les pages de Pickles Magazine, The Square Ball et tout récemment drafté par Arsenal alors qu’il ne vit que pour Leeds United.

Offside!: De quel coin d’Angleterre viens-tu? Et quel club est cher à ton coeur ?

Joseph Gamble: A la base de Leeds et je supporte Leeds United. Cette malédiction c’est à cause de mon père. Il m’a amené voir plein de matches quand j’étais plus jeune. Je me suis retrouvé complètement immergé à la fin des années 90, début des années 2000, quand Leeds crevait le plafond en Europe. J’ai même pu voir Barcelone jouer à Elland Road, on été allés jusqu’en demi-finale cette année là. Ça c’était quand j’étais vraiment à fond derrière le club. La dernière décennie a été moins clémente…

Offside!: Qu’est-ce qui inspire tes créations ?

Joseph Gamble: Ma principale source d’inspiration je la trouve dans l’humain, que ce soit sa forme physique ou spirituelle. J’adore les petites marques non intentionnelles, les erreurs, les gribouillis instinctif. C’est le dessin sous sa forme la plus pure. C’est là que je me sens le plus inspiré que j’ai l’impression que je me livre vraiment à travers le dessin.

O!: Tu as un joueur préféré?

Quand j’étais gamin c’était Olivier Dacourt. J’adore ce qu’il a apporté à cette équipe de Leeds United composée de joueurs formés au club. D’un autre côté, j’ai en tête un souvenir très clair de moi, dans la cour de récré. Je devais avoir six ans et je demandais à être Gary Kelly alors qu’on allait commencer un foot.

Plus récemment c’est Luciano Becchio. Il a marqué mon but préféré, contre Millwall en 2009 lors des play-off de League One. Je n’avais jamais entendu une foule crier comme ça avant. Et en plus c’est un gars vraiment excentrique. Je sais que j’ai en cite trois! Mais je pense qu’au fond c’est Luciano.

O!: Tu utilises Eric Cantona comme modèle dans pas mal de tes dessins. Tu le portes dans ton coeur?

Ces dessins c’était pour un article de The Square Ball. J’adore ses sourcils broussailleux, son regard vide et sa silhouette, donc il revient souvent dans mon portfolio. En plus c’était de véritables avancées pour moi et ma façon de dessiner. En tant que joueur par contre, c’est loin d’être mon préféré, à cause de ses liens avec ces types de derrière les Pennines.

« Qu’est-ce que j’ai été naïf, et ça doit encore pire maintenant que jamais au club alors que c’est l’espoir qui vous tue »

O!: Et ta plus forte émotion dans le foot ?

Elle est bizarre… Mais ça doit être le premier match après le président Ken Bates soit finalement parti. L’atmosphère autour de ce match était tout à l’optimisme, à la célébration. C’était en août et il faisais très chaud. On gagné sur un but à la dernière minute, marqué par notre première recrue à 1M de livres-sterling en 8 ans. Je me rappelle m’être dit à ce moment qu’on allait enfin pourvoir avancer avec ce club. Ce que j’ai été naïf, et ça doit encore pire maintenant que jamais au club. C’est l’espoir qui vous tue.

O!: Comment t’es-tu retrouvé a dessiner du foot ?

Au début c’était la combinaison de passions que j’avais à l’université. En 3e année, j’ai fait un projet basé sur le football et j’ai passé beaucoup de temps à regarder Bath City, comme j’étudiais là-bas, et je dessinais les matches. A l’époque j’avais l’impression que les artistes ne s’étaient pas beaucoup intéressés au football et quand c’était le cas c’était toujours très cliché et de mauvais goût. C’est aussi au début de ma 3e année que j’ai contacté The Square Ball, un fanzine de Leeds United. J’ai commencé à travailler pour eux en leur envoyant une sérigraphie de Mick Jones que j’avais réalisé et ils sont revenus vers moi de suite. Depuis j’ai contribué à tous les numéros et je me suis créé un large portfolio sur le foot.

O!: Qu’est-ce que tu utilise pour tes dessins ?

J’utilise beaucoup de produits différents, en partant de la peinture et de l’encre mélangée avec du collage et du crayon. Mais mon préféré en ce moment c’est le fusain. Moins bordélique que les morceaux de charbons mais tu obtiens quand même une ligne imprévisible et pas raffiné.

« Je préfère apporter quelque chose de différent avec un peu de mouvement et de caractère »

O!: Tu as déjà eu des retours du monde du foot sur tes oeuvres?

Jamais! Bien que j’ai vu mes dessins signés par des joueurs, d’ailleurs une peinture de Yeboah contre Liverpool. Il y a une photo de lui qui tient l’original, mais je n’étais pas là. Par contre un moment assis, où un joueur ferait la critique de mes méthodes, ce serait magique!

O!: Ton style est bien plus abstrait que tous les autres illustrateurs du ballon rond. Tu pense que ça joue pour ou contre toi?

Je dirais contre moi. Je vois toujours le boulot des autres et que je considèrerais un peu chiant, recevoir beaucoup d’attention. Les trucs sur le foot c’est difficile parce que vous travaillez principalement depuis des photos et souvent ça ressort comme une version colorée de la photo. J’imagine que c’est plus accessible. Je préfère apporter quelque chose de différent. Un peu de mouvement et de caractère. Mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas tombé dans le piège de dessiner à partir d’une photo avant.

O!: Et tu sinon tu joues au football ?

Pas autant que j’aimerais. Je trouve que c’est difficile à Londres de trouver du temps et de pouvoir se le payer, c’est vraiment dommage. J’ai un peu joué, à 5 contre 5 récemment, mais à 11£ (14€) la demi-heure de jeu, ça ne vaut pas la peine.

Normalement je joue sur les ailes mais ça dépend du nombre de joueurs sur le terrain. J’aime beaucoup jouer arrière latéral, avec le jeu qui se déroule devant moi.

O!: Récemment c’est le club d’Arsenal qui a fait appel à toi. Comment un fan de Leeds fini par bosser pour les Gunners?

C’est un projet qu’on m’a propose grâce à mes illustrations sur The Square Ball et qui ont été envoyé à YCN! Ils bossaient un peu pour eux et avaient besoin d’illustrations. Je me rappelle m’être carrément endormi quand on était allé voir Arsenal contre Leeds, j’avais 3 ans. Un gars est passé à côté de mon père et lui a soufflé “boring boring Arsenal”.

O!: Tu travailles sur quoi en ce moment?

En ce moment je me concentre sur deux de mes livres et je suis à fond. un des deux est sur le football mais je ne peux pas en dire plus pour le moment.

O!: Et ton projet de rêve?

Renouveler l’image de Leeds United et le club en aurait bien besoin. Depuis les maillots jusqu’aux murs à l’intérieur du stade. Je terminerais le tout avec mes premiers pas dans la sculpture et une statue de Luciano Becchio, glissant à plat ventre avec des milliers de rêve d’enfants dans les yeux à l’extérieur d’Elland Road!

 

Toutes les illustrations de Joseph sont à découvrir sur son site internet, sur lequel vous allez pouvoir vous régaler devant son dernier projet sur Arsenal.

 

Olivier Sclavo

Journaliste, né dans le nid des Aiglons de l'OGCNice et vouant un culte sans fin à Paul Scholes. Basé à Londres pour vous donner le meilleur de ce que le football anglais a à nous offrir: des buts, des frappes, des tacles, de la bière et des tacles.

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