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Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse

Weekend à Edinburgh, la capitale écossaise et c’est l’occasion pour Offside! de vous offrir un aperçu de la géniale folie de nos amis du Nord de l’île en ce qui concerne le football. On a eu la chance d’assister à la demi-finale de coupe de la Ligue écossaise entre Hibernians et St Johnstone. Ambiance…

Olivier Sclavo — 23 février 2016
Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse
Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse
Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse
Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse
Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse
Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse
Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse
Hibernians – St Johnstone: voyage passion football et bière en terre d’Ecosse

Weekend à Edinburgh, la capitale écossaise et c’est l’occasion pour Offside! de vous offrir un aperçu de la géniale folie de nos amis du Nord de l’île en ce qui concerne le football. On a eu la chance d’assister à la demi-finale de coupe de la Ligue écossaise entre Hibernians et St Johnstone. Ambiance…

Il fait ultra-froid à Edinburgh en ce dernier weekend de janvier. Après avoir glissé le long des pentes humide du Arthur’s Seat alors qu’il fait nuit noire à l’heure du thé, nous avons décidé de nous offrir des places pour la demi-finale de la League Cup ecossaise. Affiche de rêve : les Hibernians d’Edinburgh, seconds de Championship, dans la roue des Glasgow Rangers, contre St Johnstone, de Perth, dans le ventre mou de la Scottish Premier League.

Autant te dire que l’on ne s’attend pas à beaucoup de spectacle quand on vient retirer nos tickets directement à Easter Road, l’antre des Hibees qui se trouve miraculeusement à 5 minutes à pied de notre Airbnb. Evidemment que l’on se tape les premiers flocons de l’année dans le Nord du Royaume-Uni et les giboulées glacées écossaises sont féroces.

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On découvre l’enceinte verte et blanche de Hibernians alors qu’on se faufile entre de vieux immeubles plus ou moins charmants, plus ou moins décrépis et nous voici face à un monument du foot écossais qui s’offre à nous, morceaux de tribunes par morceaux de tribunes.

Fondé en 1875 par des immigrés irlandais de la ville, originellement dans le quartier populaire de Cowgate, où maintenant tu peux te déhancher et enchaîner les pintes servies par des serveurs en kilts pour pas cher, le club vient de fêter ses 140 ans. Les couleurs, la harpe et le nom d’Hibernia, (nom romain de la province irlandaise) restent les vestiges de ce passé qui fut glorieux.

Même si aujourd’hui ses supporters n’arrivent plus de l’île verte et se coltinent les joutes de seconde division à la place des derbies enflammés avec les Hearts of Midlothian, le match est quasiment complet. D’ailleurs les dieux du foot nous ont fait un petit cadeau en organisant cette rencontre sur terrain neutre. Le stade choisi n’est autre que Tynecastle, l’antre des Hearts, le rival honni à Edinburgh. On aura donc droit à un tour complet de ce que le ballon rond professionnel a à offrir ici.

Solo en tribune, réchauffés par la vieille amitié franco-écossaise

Il nous a fallu 20 minutes de bus pour rejoindre le stade depuis le centre ville. Au fur et à mesure que l’on s’approchait de l’enceinte des Hearts, la foule grossissait, les chants grondaient et l’alcool coulait dans les gorges de nos assoiffés. Nous sommes quatre potes et un d’entre nous devra assister au clash, en solo, dans une tribune différente. Un tirage au sort plus tard, on fait notre entrée dans le Gorgie Stand avec l’excitation qui tape le plafond.

Quand on passe les couloirs d’accès à la tribune et qu’on débouche au deuxième niveau avec vue plongeante sur la pelouse, on prend tous un gifle de passion chantée, réchauffée par les chants qui descendent de ses sièges qui descendent à pic vers le carré vert.

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Notre ascension jusqu’à nos sièges nous permet de faire de charmantes rencontres. Haleine ambrée, lunettes passées d’âge, manteau marron et chemise blanche qui va bien avec son écharpe verte et blanche, John a remarqué notre langage qui dénote sur ses terres. On échange les politesses et les formalités en le soutenant pour éviter qu’il ne bascule en arrière dans le vide alors qu’il se marre avec ses potes: « Oh you are French?! We love the Frenchs. The Old Alliance, nous gueule-t-il gentiment au visage à grands coups de câlins virils. A la mention de notre venue de Londres, son visage se tord. « Fuck London! Fuck the Englishs! Fucking ignorants! ». Bon on en connait au moins qui a voté pour que l’Ecosse se barre pour de bon du Royaume-Uni, et il est juste derrière nous, siège 16, rang K, Tynecastle.

Les Hibees tentent et galèrent, St Johnstone, galère

Entourés par des coupes de cheveux nous arrivant tout droit du début des années 2000 à base de crêtes pas fraîches, les deux équipes lancent les débats. Et quel match! On ne s’attendait à rien de particulier entre des gars qui ne boxent pas dans la même catégorie mais on a eu droit à encore moins que ça.

Les Hibs s’acharnent à jouer au sol, tenter de construire leurs attaques à partir du milieu du terrain (les défenseurs semblent penser que le ballon va les brûler s’ils le gardent plus de 2 minutes dans les pieds) mais le déchet technique reste important. En face c’est pire, pas fichu de se trouver alors que les espaces sont immenses, les passes et transversales finissent plus souvent en touche que dans les gants des gardiens.

Pour un club qui a vu passer des légendes du jeu comme Franck Sauzée, Marc Libbra, George Best ou encore Souleymane Bamba, la Green and White Army d’Edinburgh fait au moins l’effort de proposer quelques séquences agréables. Liam Henderson, prêté par le Celtic Glasgow, balade son élégance balle au pied partout sur le pré avec son numéro 3 dans le dos et on en vient à penser que les bases tactiques se sont définitivement barrées d’Ecosse. Il obtient un penalty à la demi-heure de jeu que Jason Cummings va transformer pour faire exploser les trois tribunes sur quatre, acquises aux Hibs.

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Pourtant sur l’action qui suit l’engagement de St Johnstone, les Bleus et Blancs de Perth profitent d’un coup franc indirect pour recoller au score d’une tête en pleine lucarne de Shaughnessy et tout le monde recolle ses fesses gelées sur les sièges marrons du stade.

A la mi-temps on essaye de se protéger du froid glacial en allant chercher de quoi grignoter mais nos amis écossais ont déjà tout bouloté. On est à deux doigts de se dire que même une tasse immonde de Bovril ou de Marmite ferait l’affaire si on doit sacrifier nos papilles et notre estomac pour éviter l’hypothermie.

Blizzard, victoire et retour en fanfare

Le jeu reprend bien trop tôt pour nos membres encore engourdis et on se replace vite pour assister à un enchainement d’occasions pour Hibernians. Clairement au dessus de leurs adversaires du jour, ils sont malheureusement incapable de convertir leur domination en ballons au fond des filets.

Et puis sur une énième percée de McGinn, le petit joueur écossais, réussi à nous faire s’exciter le stade pour une vraie bonne raison. Autant te dire que par cette température et alors que le blizzard balaye la pelouse, on ne se prive pas de se réchauffer en se jettant les uns dans les bras des autres. Les autres étant nos plus proches voisins, inconnus il y a trois secondes et maintenant leurs lèvres dangereusement proches de nos visages.

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On se tape dans les mains, dans le dos, on se gueule de plaisir dessus, on est bien.

Le match se termine gentiment après sans que St Johnstone n’ait vraiment fait transpirer nos slips acquis à la cause Verte et Blanche et on se retrouve tous devant l’entrée de la tribune. Retour vers le centre ville, cette fois au cœur de la marée des supporters des Hibs auxquels nous mêlons nos voix pour hurler que Gorgie, le quartier où se trouve le stade des Hearts « is a shithole, I am going home ». La foule se fait assez bruyante pour pousser aux fenêtres les plus chauds des supporters adverses alors que l’on remonte Gorgie Road. Torse-nu alors que la neige continue de tomber, perché au quatrième étage avec sa donzelle à ses côtés, il sert à ses ennemis bras d’honneur et autres poèmes de la littérature écossaise fleurie pour notre plus grand plaisir.

Le fou rire continuera tout le long de cette longue route qui passe devant le club des supporters des Hearts, où derrière leur baie vitrée, pintes à la main, certains des plus courageux échangent des amabilités avec notre cortège.

Fou rire ou pas, on se les gêlent bien trop pour passer la soirée dehors alors c’est devant un bon thé qu’on va débriefer la rencontre afin d’éviter l’hypothermie pour pouvoir te raconter d’autres voyages déjà prévus dont un à Dublin qu’on te file bientôt…

Crédits photos: Olivier Sclavo

Olivier Sclavo

Journaliste, né dans le nid des Aiglons de l'OGCNice et vouant un culte sans fin à Paul Scholes. Basé à Londres pour vous donner le meilleur de ce que le football anglais a à nous offrir: des buts, des frappes, des tacles, de la bière et des tacles.

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