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Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais

Il n’avait pas fini l’université quand il décroché un job de photographe à Huddersfield Town et s’est mis à suivre l’équipe première partout. Il livre ici une série « Behind Football » qui met l’accent sur les fans. On a donc discuté avec Robbie Jay Barratt de photo et de la « culture supporter » en Angleterre. Offside!: Huddersfield […]

Olivier Sclavo — 5 novembre 2015
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais
Robbie Jay Barratt shoote Huddersfield Town comme jamais

Il n’avait pas fini l’université quand il décroché un job de photographe à Huddersfield Town et s’est mis à suivre l’équipe première partout. Il livre ici une série « Behind Football » qui met l’accent sur les fans. On a donc discuté avec Robbie Jay Barratt de photo et de la « culture supporter » en Angleterre.

Offside!: Huddersfield c’est ton club de coeur?

Robbie Jay Barratt: Huddersfield Town ce n’est pas mon club, je dirais que c’est le club du Yorkshire. Ils font tellement de choses pour  les fans, des animations avant le match, à la mi-temps, ect. Mais c’est clair que j’en suis venu a adorer ce club. Je suis fier d’être du Yorkshire et « Town » le met en valeur.

Offside!: Tu te rappelles de tes premiers pas dans le foot?

Robbie Jay Barratt: Je suis venu au football comme n’importe quel autre jeune gars, à la l’école, en allant au parc pour jouer avec mes potes, les vestes par terre pour faire les poteaux, tout ça! Je me rappelle quand j’ai commencé j’étais ultra-nul. Je n’avais aucune coordination. Mais plus j’ai joué plus je me suis amélioré et aujourd’hui je ne suis pas trop mauvais et ça m’est arrivé de jouer 7 jours par semaine.

Offside!: Et de ton premier match?

Robbie Jay Barratt: Je n’ai jamais beaucoup été au stade. Pour la photographie oui, mais ma famille n’est pas spécialement fan de football. J’ai grandi en supportant Liverpool. Je me rappelle être assis sur le canapé, pleurant devant le 3-0 de CETTE finale de Ligue des Champions, et pleurant encore plus à 3-3 !

Mon premier match, c’est mon père qui s’est procuré des places pour un Bolton-Liverpool. Malheureusement c’était des tickets pour la tribune des supporters de Bolton. Je ne me rappelle plus du score final mais je me souviens très bien du but de Luis Garcia. J’ai sauté de mon siège pour célébrer et le but a été refusé. Vous pouvez facilement imaginer la réaction de la tribune autour de moi…

Picture by Robbie Jay Barratt. Football, Sky Bet; Championship; Huddersfield Town v MK Dons; 21/10/2015; KO 19:45pm at The John Smiths Stadium; copyright picture; Robbie Jay Barratt; 07964023381

O!: Comment t’es-tu lancé dans ce projet?

Mon projet “Behind Football”, je l’ai commencé quand j’étais en deuxième année à l’université Je venais de débuter mon travail à Huddersfield Town et j’ai vite réalisé qu’il y avait d’importantes parties du match, du sport, que les gens ne voyaient pas. Je voulais créer quelque chose qui parle aux joueurs comme aux supporters et à quel point les émotions changent rapidement pendant un match. J’ai shooté mon projet pendant la première saison de Huddersfield Town de retour en Championship.

Cette série d’images a été prise pendant les derniers matches alors que le club devait se battre pour ne pas descendre. Ils se sont sauvés lors du dernier match avec un match nul 2-2 contre Barnsley qui s’est aussi sauvé !

O!: Où est-ce que tu prends tes meilleures photos?

Les supporters sont clairement au centre de mon attention quand je photographie un match. Pour moi tout est dû aux fans. Ils créent l’atmosphère, la passion. On sait tous ce qu’il se passe dans le football en ce moment, comment ce sport se détériore, mais les supporters soutiennent toujours leur équipe même s’ils doivent payer une journée entière de salaire et passer leur weekend à suivre leur club à travers tout le pays.

Quand je photographie, j’aime parfois tourner le dos à l’action, m’appuyer contre un panneau publicitaire et me concentrer sur les fans. J’adore photographier les émotions des gens. Ça résume tellement de choses en une seule image !

J’aime aussi prendre des photos que d’autres n’ont pas encore pris ou bien ne prendront jamais, dans un style plus documentaire. Les clichés en dehors de l’action principale, autour du banc des remplaçants, dans le tunnel, c’est là que je trouve mes pépites !

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O!: Comment décrirais –tu la « culture supporter » en Angleterre?

La culture supporter en Angleterre a quelque chose de special, depuis les amateurs jusqu’au plus haut niveau. C’est quelque chose qui ne se retrouve nulle part ailleurs. Les gens n’arrêtent pas de palabrer sur l’ambiance fantastique en Allemagne avec le Bayern et Dortmund.

Mais si vous jetez un œil à ce que fait le FC United en ce moment, avec un stade plein chaque weekend, tous les fans portant les couleurs du club, c’est un club amateur ! La « culture fan » en Angleterre est dure à cuire. Vous ne retrouvez pas ça dans toutes les ligues de football dans n’importe quel autre pays.

O!: C’était un choix de travailler en Noir et Blanc plus qu’en couleur ?

Euuh, non pas nécessairement, non. Je travaille beaucoup en noir et blanc pour photographier les supporters. Donc de ce côté-là je n’ai pas vraiment le choix, ils seront toujours en noir et blanc. J’ai l’impression que le noir et blanc amplifie les émotions liées au match et tout le monde se retrouve dans le noir et blanc.

Cependant quand vous essayer de photographier du football et tentant de capturer une essence différente du jeu, comme les fans, la culture, les couleurs sont très très importantes, notamment les couleurs du club que ce soit dans ou aux alentours du stade. La plupart des stades aujourd’hui sont des symboles pour les clubs, prenez le stade de Manchester City avec tous ces sièges bleus, et ça, ça ne ressort qu’avec de la couleur.

O!: C’est quoi que tu aimes tant à Huddersfield Town ?

Ce que j’aime à Huddersfield? D’abord et surtout les fans. Quand vous photographiez un club toutes les semaines, vous créez un lien avec les fans et vous revoyez les mêmes visages à chaque fois. Vous ne connaissez  rien d’eux mais vous allez vous souvenir d’une photo que vous avez pris d’eux il y a quatre mois. Après j’adore le stade. L’esthétique du John Smith est superbe.

Les arches qui entourent les tribunes rappellent Wembley. On a vraiment l’impression de photographier un stade de premier choix, même si le foot pratiqué sur la pelouse n’est pas du même niveau à chaque fois.

Picture by Robbie Jay Barratt/AHPIX.com, Football, Barclays Premier League; Manchester City v Aston Villa; 07/05/2014; KO 19:45pm at The Etihad Stadium; copyright picture; Howard Roe; 07973 739229

O!: Tu as déjà eu des retours sur ton travail de la part des fans ? Des joueurs ?

Oui j’ai eu pas mal de retour sur mon travail. Beaucoup de supporters de Town me suivent sur les réseaux sociaux et évidemment ils adorent les photos d’eux-mêmes, mais ils sont intéressés de voir quelles images ressortent des 90 minutes qu’ils viennent de regarder, ils m’envoient toujours des messages sympas.

Les joueurs aiment aussi voir les photos que j’ai prises d’eux, particulièrement si c’est une célébration après un but ! Sean Scannell adore toutes les photos que je prends de lui, il adore ce qu’il fait, je pense sérieusement que c’est le gars le plus heureux dans le monde du foot. Il m’a glissé quelques mots sympas sur mon travail.

Récemment j’ai été approché pour travailler avec Soccerbible et j’ai pu partager mes clichés avec le grand public, un grand pas dans la bonne direction pour moi. Ils ont exactement la même vision que moi sur la façon de photographier le foot et depuis que je bosse avec eux j’ai eu beaucoup de commentaires de gens me félicitant. Le métier de photographe est hyper dur alors c’est la cerise sur le gâteau quand quelqu’un te dis qu’il aime ce que tu fais. C’est ça qui te fais tenir et te pousse à aller aux matches du mardi soir, sous la pluie, dans le froid, au mois de novembre.

Si toi aussi tu as envie de suivre les aventures de Robbie et d’Huddersfield Town tu peux le suivre sur twitter et aller visiter son site web.

Olivier Sclavo

Journaliste, né dans le nid des Aiglons de l'OGCNice et vouant un culte sans fin à Paul Scholes. Basé à Londres pour vous donner le meilleur de ce que le football anglais a à nous offrir: des buts, des frappes, des tacles, de la bière et des tacles.

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