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Chelsea : 6 défis à relever si José Mourinho veut garder son poste

José Mourinho est dans une impasse à Chelsea. Contesté pour la première fois depuis 10 ans, le Portugais doit redresser s’il ne veut pas prendre la porte. Et ça commence ce mercredi contre le Dynamo Kiev en Ligue des champions.

Paul Basse — 2 novembre 2015
Manager_Jose_Mourinho_of_Inter_Milan,_April_18,_2009
Manager_Jose_Mourinho_of_Inter_Milan,_April_18,_2009

1. Retrouver un climat sain

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La situation actuelle d’un Chelsea 15e, à 10 points en 10 journée de la Ligue des champions tient essentiellement à l’incident, dès la première journée -contre Swansea, 2-2- qui l’a opposé à Eva Carneiro. En voulant jouer les gros durs quitte à surjouer la figure autoritaire, José Mourinho est allé beaucoup trop loin cette fois ci. Fin, machiavélique, meneur d’hommes hors pair et parfait manipulateur dans ses grandes heures, l’entraineur des Blues n’a pas anticipé les conséquences de son coup de sang. Il faut éviter de s’en prendre à ceux qui sont présentés comme les petites mains, mais qui demeurent des rouages essentiels d’un club. Virer Ray Wilkins en 2010 avait fait perdre les pédales aux Blues. Avenants, sympathiques et dévoués, Carneiro et Fearn représentent comme tout staff les confidents des joueurs. S’en prendre à ceux dont les joueurs sont le plus proche, équivaut simplement à dégoupiller soi-même une grenade. Chelsea doit donc retrouver le climat de la saison passée, celle d’un club soudé qui a réussi le doublé.

2. Innover tactiquement

John Terry dans la tourmente

Au-delà de son image tyrannique, Mourinho semble être dans une impasse tactique. Sa défense bat sérieusement de l’aile, alors même qu’une arrière-garde hermétique a toujours constitué la base de ses succès. Problème : Chelsea est la quatrième pire défense de Premier League. Il a changé les hommes : Terry, Cahill et Ivanovic ont goûté le banc, comme Matic et Fabregas aux postes de milieux défensifs, sans que tout ceci ne change quoi que ce soit. Son 4-2-3-1, ne fonctionne plus. Ses compositions d’équipe ne fonctionnent plus. Son discours ne fonctionne plus. Il est peut-être temps de changer de système, et de faire preuve de pragmatisme. Renforcer l’axe au milieu peut moins exposer sa défense : en clair revenir à l’essentiel, à ce qui constitue son ADN. Sa réunion improvisée au milieu du terrain, après la rencontre contre Liverpool, allait peut-être dans ce sens. Mourinho doit trouver des solutions, innover en somme, et il le sait.

3. Retourner la presse

Premier League : Le calendrier a été dévoilé

Chouchou des médias, qui en ont fait des caisses durant des mois, le Mou est aujourd’hui la cible préféré des tabloïds et de la presse « traditionnelle », main dans la main dans leurs critiques aussi acerbes aujourd’hui qu’elles étaient dithyrambique la saison passée. La presse lèche, lâche puis lynche. Vendredi, il avait indiqué qu’il ne ferait plus de blagues, compte-tenu, selon lui, du traitement médiatique dont il ferait l’objet. Une grève de l’humour mourinhien qui n’est qu’une posture : le Portugais excelle dans le conflit que ce soit face à un ennemi déclaré (Wenger) ou invisible (la presse). Il sait aussi sans doute que sa côte auprès de la presse sera indexée sur les résultats à venir. Une remontée (improbable ?) au classement lui redonnera le crédit largement entamé.

4. Remettre Hazard à l’endroit

Chelsea/Arsenal : Hazard buteur

Qui d’autre qu’Eden Hazard peut représenter cet apathie dans lequel se trouve l’effectif de Chelsea ? Le Belge, pas forcément très bosseur, et qui se repose sans doute un peu trop sur son talent, déjoue totalement. En atteste son zéro pointé en termes de but en Premier League. L’atout numéro 1 de Chelsea n’aide pas la cause du Mou. Il se dit d’ailleurs que les relations entre les deux hommes seraient pour le moins orageuses. Soit Mourinho le sort pour de bon de son équipe, soit il trouve un moyen de permettre à Hazard de trouver un peu de magie.

Au delà du cas belge, l’ensemble de l’effectif doit se remettre à fonctionner. Trop vieux (Terry, Ivanovic, Cahill), trop peu performants (Matic, Fabregas, Azpi, Oscar) ou à côté de la plaque (Diego Costa) : aucun membre de l’effectif -à l’exception de Willian ou Begovic- ne semble pouvoir/vouloir porter la révolte. Le mercato n’est programmé que le 1er janvier. Il sera temps d’aller chercher un défenseur ainsi qu’un joueur, capable de transcender une équipe léthargique.

5. Garder la confiance d’Abramovich

Premier League : Chelsea

Le licenciement de José Mourinho a un coût certain : 43 millions d’euros selon la plupart des sources en Angleterre. Le Mou a prolongé cet été de 4 ans. Lui montrer la porte ne se fera pas si facilement. Plus vraiment dépensier comme lors de son arrivée à la tête du club en 2004, le propriétaire russe des Blues a tout fait depuis 4 ans pour se conformer au Fair-Play Financier –quitte à amoindrir son effectif. Virer le Portugais enrayerait la machine. Mais José Mourinho n’a pas non plus les mains libres. Les choses sont claires : il doit qualifier son équipe -ou montrer des signes de sa capacité à le faire- pour la Ligue des champions avec une 4e place ou en soulevant en mai prochain la Coupe aux grandes oreilles. Les deux tâches semblent improbables vu ce que propose Chelsea depuis le début de la saison. Autre écueil : virer Mourinho équivaut à se séparer d’une figure, ultra-populaire auprès des supporters, qui ont scandé son nom dans la défaite contre Liverpool. D’autant que faire revenir Mourinho au club était une manière d’apporter de la stabilité dans un club qui a viré 9 entraineurs ces onze dernières années.

6. Réussir une série de matchs favorables

En temps normal, affronter le Dynamo Kiev, Stoke City, Norwich et le Maccabi Tel-Aviv équivaut à 10 points si on part du principe que ramener un point du guêpier Stoke, c’est déjà bien. Les deux prochains matchs avant la trêve sont cruciaux. S’il est toujours là mi-novembre, le Mou doit enchainer. Le temps joue en sa défaveur. Il doit trancher puis retrouver solidité, confiance et résultats. Une équation bien compliquée.

Classements et Rencontres

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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