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Ze Interview: Ian McNay, Cherry Red passion entre musique et AFC Wimbledon

Ian McNay, est le fondateur du Cherry Red Label Records, le premier label de musique qui a consacré une collection complète aux chants de supporters et autres projets musicaux en rapport avec le monde du foot. Offside est allé rencontré celui qui vibre pour l’AFC Wimbledon à tel point qu’il a donné le nom de son label au stade des Wombles!

Olivier Sclavo — 9 octobre 2015
Ze Interview: Ian McNay, Cherry Red passion entre musique et AFC Wimbledon
Ze Interview: Ian McNay, Cherry Red passion entre musique et AFC Wimbledon
Ze Interview: Ian McNay, Cherry Red passion entre musique et AFC Wimbledon
Ze Interview: Ian McNay, Cherry Red passion entre musique et AFC Wimbledon
Ze Interview: Ian McNay, Cherry Red passion entre musique et AFC Wimbledon
Ze Interview: Ian McNay, Cherry Red passion entre musique et AFC Wimbledon
Ze Interview: Ian McNay, Cherry Red passion entre musique et AFC Wimbledon

Ian McNay, est le fondateur du Cherry Red Label Records, le premier label de musique qui a consacré une collection complète aux chants de supporters et autres projets musicaux en rapport avec le monde du foot. Offside est allé rencontré celui qui vibre pour l’AFC Wimbledon à tel point qu’il a donné le nom de son label au stade des Wombles!

Offside!: Vous êtes le seul label de musique qui a consacré une collection entière uniquement dédiée au football…

Ian McNay: « Notre première sortie s’appelait « 4-4-2». Une compilation de chants de plusieurs clubs de première division. C’était en 1989, il y avait pas mal de fans dans notre équipe, tous supportant des clubs différents, donc du coup on a fait une compil avec des chansons de plusieurs clubs. C’est toujours un de nos projets préférés.

Offside!: Et qu’est ce que ça a donné ?

Ian McNay: Une erreur! Ça n’a pas marché du tout! Les fans veulent écouter les chansons de leurs clubs. Un mec qui supporte Liverpool ne va pas vouloir se taper les chansons d’Everton ou de Manchester United par exemple.

Donc on a changé notre méthode de travail. En 1995 on a sorti deux compilations de chansons sur deux clubs : Arsenal et Tottenham Hotspurs. Ça a marqué le début de nos « The Football Collectors Series». Il y avait eu pas mal de cd sortis par les clubs, des joueurs ou des supporters mais personnes n’en avait fait une compile en mêlant les gros tubes avec les chansons un peu passées sous silence.

Offside!: Mais elles viennent d’où ces chansons ?

Ian McNay: En fait à chaque fois qu’un club atteignait la finale de la FA Cup, les mecs sortaient un disque de chants et les fans adoraient ça. On a recherché les propriétaires des droits et c’est comme ça qu’on a enchaîné en sortant d’autres compilations sur d’autres clubs.

Celle de Tottenham a atteint le top 20 des ventes quand même !

O!: Pas mal comme petit succès…

Il faut savoir que notre principal souci à l’époque c’est que nous ne faisions pas grosses ventes via les disquaires. Et oui, ils ne savaient pas où ranger ces titres. Il n’y avait pas de section foot dans leurs magasins. Alors on réalisait le plus gros de notre chiffre d’affaire sur commande et envois par la poste. C’était avant internet tout ça, faut imaginer. On a aussi eu la chance de passer dans les fanzines. Les supporters nous les commandaient via ces magazines que les fans vendaient aux alentours du stade les jours de match. Et puis enfin, à cette époque les clubs étaient moins tatillons, moins d’immenses machines commerciales et on a pu vendre nos compilations dans leurs boutiques officielles.

O!: Et puis vous avez continué…

On a ensuite sorti des compilations sur Newcastle et un pack Liverpool-Everton. On a commencé à rechercher des chansons vraiment obscures. Tout le monde aime ce genre de chants oubliés et c’est les plus intéressant. Les fanzines lançaient des appels dans leurs pages pour que les supporters nous écrivent et nous soumettent des chants qui nous auraient échappé. On en a retrouvé un particulièrement bien de Liverpool sur un soldat qui était parti se battre dans les tranchées pendant la Première Guerre Mondiale. On devenait meilleurs car on dénichait ce genre de pépites.

Pour les gros clubs c’était bien plus facile de remplir nos compilations que pour les plus petits. Pour ceux là il nous fallait l’aide des fans. Et on a pu compter sur eux.

Dans certaines de nos compiles on y a mis des commentaires de journalistes radio ou télé, sur un but ou une action de jeu. Ça rendait super bien. Quelques unes de nos éditions ont atteint les 40 000 ventes.

O!: C’est un projet qui vous a occupé un bon moment…

Oui mais ensuite on a arrêté parce qu’on avait quasiment fait le tour de toutes les chansons avec tous les clubs. On a sorti près de 60 compilations sur les 92 clubs qui forment l’élite du foot anglais et écossais.

O!: Après les clubs vous avez visé plus haut ?

Nous nous sommes aussi lancés dans les chansons qui ont été composées pour les équipes nationales. Ces titres sont moins vendeurs parce qu’avec les clubs au moins vous aviez une solide base de fans qui achetait automatiquement nos cd.

En 2010 on a fait appel aux supporters pour qu’ils nous envoient leurs chansons pour supporter l’Angleterre en Afrique du Sud pour la Coupe du Monde. On a aimé l’idée qu’aucun n’était professionnel, donc on a eu beaucoup de tout et de n’importe quoi. On voulait créer une immense compilation des fans des Three Lions.

O!: Et aujourd’hui vous avez encore des liens avec le foot ?

Aujourd’hui nous sponsorisons toujours l’AFC Wimbledon dont le stade porte le nom de notre label le Cherry Red Records Stadium mais aussi la Combined Counties League, un championnat amateur que nous supportons depuis 2005. On est content de pouvoir le faire parce qu’on adore le football. Certains artistes nous apprécient pour ça.

O!: L’AFC Wimbledon c’est spécial pour vous…

Wimbledon c’est mon équipe. Je suis supporter depuis 44 ans. Mon premier match j’ai vu Ian Cooke marquer deux buts. Aujourd’hui je le vois dans les loges quand il vient voir un match au stade.

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O!: Et vous étiez un bon joueur ?

Je n’ai jamais été un bon joueur moi. Le label avait une équipe à 5, avant dans la Musique Business League et je jouais là où on avait besoin de moi. Aujourd’hui ce n’est plus possible je suis bien trop vieux. Mais je reste un fan, un vrai. Pour moi un fan c’est quelqu’un qui vient au stade, qui fait les déplacements à l’extérieur. Pas celui qui reste devant sa télé, dans le canapé.

O!: Qu’est ce que vous espérez de la saison prochaine de Wimbledon après une belle année dont notamment ce match contre Liverpool en FA Cup ?

Bien sûr qu’on espère toujours que la saison prochaine sera meilleure que la saison qui vient de se terminer. Et puis après quelques semaines la réalité vous met une claque. Ce match contre les Reds on avait une chance jusqu’à ce que Steven Gerrard rentre sur le terrain. Après, terminé.

Nous on est un club dont les supporters sont les propriétaires. On était tout proche des play-offs pour l’accession en League One donc c’est ça notre objectif. Se mêler à la lutte pour la montée. Si on continue à grimper, on va se retrouver face à de gros clubs, avec de gros moyens, on n’aura aucune chance. »

 

Si vous avez envie de découvrir l’immense collection vous avez beaucoup de temps et d’énergie à dépenser. Vous pouvez vous rendre sur le site du label ou tenter votre chance dans les meilleurs disquaires du Royaume. Bonne chance et prenez en plein les oreilles.

Olivier Sclavo

Journaliste, né dans le nid des Aiglons de l'OGCNice et vouant un culte sans fin à Paul Scholes. Basé à Londres pour vous donner le meilleur de ce que le football anglais a à nous offrir: des buts, des frappes, des tacles, de la bière et des tacles.

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