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Premier League : Pourquoi Brendan Rodgers s’est fait virer

Brendan Rodgers n’est plus l’entraineur de Liverpool. Viré, le Nord-Irlandais paye un bilan qui s’est dégradé ces deux dernières saisons. Explication

Paul Basse — 5 octobre 2015
Brendan Rodgers - Liverpool
Brendan Rodgers - Liverpool

Il y avait une forme d’inéluctable dans le licenciement brusque de Brendan Rodgers, qui depuis le début de la soirée n’est plus l’entraineur de Liverpool. On attendait la sentence peut-être un peu plus loin dans la saison, mais différents indices laissaient penser qu’il se tramait un sale coup pour le Nord-Irlandais. Comment en est-on arriver là alors qu’il y a deux saisons les Reds jouaient le titre ? Tentative d’explication.

1. Les manoeuvres en coulisse

Brendan Rodgers : Bye bye Liverpool

Liverpool est un club si populaire, plein de légendes qui gravitent autour du club, que cela entraine une multiplicité d’avis divers sur la politique à mener au sein du club. Chacun a son truc à dire en somme sur ce qui convient mieux aux Reds. Le problème pour Brendan Rodgers, c’est qu’il a fini par faire l’unanimité contre lui. Quand certaines légendes passent leur temps à le fracasser à la télévision ou en coulisses, forcément le board de LFC n’y reste pas sourd. « Un groupe veut me faire sortir du club », disait Rodgers, pas dupe des manoeuvres en cours il y a quelques jours. Faire virer Rodgers puis installer Jurgen Klopp ou Carlo Ancelotti, les deux favoris au poste selon la presse anglaise, était l’objectif de ces intrigants. Rodgers a pris la porte, informé de la nouvelle par téléphone, quelques heures après le nul dans le Merseyside derby contre Everton (1-1).

2. Un recrutement coûteux et médiocre

Balotelli utilisé à contre-emploi

Tout n’est pas à jeter dans la politique de recrutement de Rodgers. Ce dernier est celui qui a relancé Coutinho, Sturridge et Jordan Henderson mais aussi façonner Luis Suarez. Deux joueurs de haut niveau, et un de classe mondiale. Pour le reste, le bilan est catastrophique, et pèse lourd (300 millions d’euros ! en trois ans) dans les finances du club. Fabio Borini (12M€), Joe Allen (15M€), Luis Alberto (8M€), Iago Aspas (10M€), Mamadou Sakho (18M€) et Tiago Llori (9M€) ont coûté bonbon pour cirer le banc, jouer des bouts de match par-ci, par-là, ou prendre place en tribunes. Viens ensuite les joueurs achetés à prix d’or, mais qui n’ont jamais justifié l’investissement initial : Adam Lallana (30M€), Emre Can (12M€), Lazar Markovic (25M€), Dejan Lovren (25M€), Divock Origi (12M€), Alberto Moreno (15M€), Mario Balotelli (20M€). Le bilan est famélique, d’autant qu’aucun trophée n’est venu valider sa politique. Jamie Carragher a peut-être raison quand il disait qu’il aurait fallu remercier Rodgers cet été plutôt que si tôt dans la saison. Surtout après l’avoir laissé dépenser 100M€.

3. Des choix sportifs surprenants

A une glissade près, Brendan Rodgers aurait pu entrer dans l’histoire fournie de Liverpool. Paradoxalement, alors qu’il avait été l’artisan d’une saison 2013-2014 pleine et réussie, la deuxième place a été le début de la fin pour lui. Rodgers et le club n’ont jamais réussi à gérer au mieux les mois qui ont suivi. Ils ont bien vendu (85M€) Luis Suarez au Barça mais n’ont jamais réussi à maintenir la progression du club.

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Rodgers arrive en 2012 après un passage contrasté et polémique de Kenny Dalglish à la tête du club. En deux saisons, il avait remis le club à flot au point que son Liverpool s’était mêlée à la course au titre. Rodgers n’a pu acquérir un joueur de classe mondiale capable de reprendre le poste d’attaquant laissé vacant par Suarez. L’ancien coach de Swansea s’est parfois enfermé et entêté dans son fameux jeu de pressing haut, basé sur l’explosivité…sans Suarez mais Lambert ou Balotelli, inadaptés à son plan de jeu. Confronté à la difficulté, il n’a pas vraiment donné l’impression d’avoir un plan B sous le coude, histoire de renverser la tendance d’un match. Jusqu’à retourner les supporters contre lui. Il a tenté de relancer la machine : 3-4-3, 4-3-3, 4-2-3-1, les systèmes se sont succédés. Mais les blessures répétées de Daniel Sturridge ne l’ont pas aidé.

L’avenir de Liverpool et Brendan Rodgers

Rodgers trouvera un nouveau club rapidement s’il le souhaite en Angleterre. Il sait gérer un groupe au quotidien, faire progresser des jeunes. Il ne panique jamais, a montré parfois cette saison des signes de pragmatisme aussi.

Liverpool se trouve à nouveau à la croisée des chemins. Jurgen Klopp semble être la cible numéro 1. Peut-il faire mieux que Rodgers avec un effectif qui peut viser de la 4e à la 6e place ?  L’alternative s’appelle Ancelotti, qui était aussi arrivé en cours de saison au Paris Saint-Germain.

Classements et Rencontres

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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