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Capoue, Stambouli, Cabella et tout ces Français en perdition en Premier League

Si pour beaucoup de jeune Français l’Angleterre constitue un eldorado, peu de joueurs ont réussi, récemment, à se distinguer. Analyse d’un phénomène inquiétant.

Paul Basse — 8 juillet 2015
Capoue : en perdition
Capoue : en perdition

Si pour beaucoup de jeunes Français l’Angleterre constitue un eldorado, peu de joueurs ont réussi, récemment, à se distinguer. Analyse d’un phénomène inquiétant.

A longueur d’entretiens dans la presse, et même l’on ne sait si ces propos se rattachent à une vraie croyance ou tout simplement à répéter de vieux clichés, les joueurs français déclament leur envie de rejoindre l’Angleterre. A les écouter : l’ambiance, chaque semaine, les stades pleins et rivaliser avec certains des clubs les plus puissants et mythiques d’Europe les convainquent de traverser la Manche, en sus d’un salaire confortable. La Ligue 1 ne peut rivaliser et il est difficile de porter la contradiction. Old Trafford, Stamford Bridge, Anfield Road, l’Emirates Stadium : ces enceintes constituent totalement ce concept galvaudé de prestige. Mais au fond qui parmi nos jeunes joueurs français profite pleinement de cette vie rêvée de footballeur-titulaire qui savoure le bonheur de s’étalonner face aux meilleurs ?

Lundi, après deux années sur le banc de Tottenham ou l’infirmerie, Etienne Capoue s’est décidé à jeter l’éponge. Son transfert à Watford, le promu, a été officialisé pour 9M€. « Pour moi, c’est une opportunité de jouer. J’ai besoin de jouer, et de montrer mes qualités sur le terrain. Je pense que Watford est la meilleure chose pour moi« , indiquait le milieu de terrain sur le site officiel des Hornets. Avec 36 matches disputés en deux saisons, le bilan de l’international français est famélique. Certes Capoue, débauché 10 millions d’euros après le transfert de Gareth Bale, n’a pas été épargné par les blessures. Mais André Villas-Boas, Tim Sherwood puis Mauricio Pochettino lui ont préféré systématiquement Ryan Mason, Moussa Dembelé ou Nabil Bentaleb. Pas vraiment des foudres de guerre, compte-tenu de ses qualités.

Capoue comme Stambouli ou Cabella : De jeunes joueurs trop tendres

Le cas Etienne Capoue n’a rien d’une exception. Sa situation doit résonner auprès d’autres Frenchies au profil similaire : des éléments jeunes, talentueux, habitués à la Ligue 1, peut-être trop sûr d’eux à leur arrivée dans le Royaume, qui ont vécu l’exercice 2014-2015 depuis le banc des remplaçants. Benjamin Stambouli, arrivé l’an dernier chez les Spurs et qui évolue comme Capoue au poste de milieu récupérateur, semble prendre le même chemin que le néo-Hornet. Rémi Cabella se prend son mal en patience à Newcastle.capoue-4x3286-2523662_478x359

Pas question d’un prêt à Marseille : l’ex-chouchou de Louis Nicollin ne jure que par l’English football. Andy Delort, arrivé à Wigan (Championship) en 2014 avec le statut de meilleur buteur de Ligue 2 (24 pions), a vécu l’enfer (11 matchs, 0 but) avant de repartir à Tours l’hiver dernier, moins de 6 mois plus tard. Lassé, il s’est engagé à Caen cet été.

Evidemment, tous les joueurs français n’ont pas réussi depuis l’arrêt Bosman (1995) à se faire à ce football particulier. Peut-être que certains, à l’orée de la nouvelle saison, se révéleront. Certains comme Patrice Evra ont même attendu un an avant de parfaitement s’acclimater. Mais Capoue, Stambouli ou Cabella ont une histoire commune : ils sont de jeunes internationaux  qui n’ont pas su franchir la marche, quittant leur club formateur sans n’avoir jamais mis les pieds chez un gros de L1 à forte pression (Lyon, Marseille, Monaco : le PSG étant dans une autre sphère).

Pourtant, même en situation d’échec, peu de joueurs quittent l’Angleterre. Certains comme Capoue préfère reculer pour dans leur esprit mieux sauter. Objectif : se faire remarquer puis intégrer une formation du Top 6 (Chelsea, City, United, Arsenal, Tottenham ou Liverpool) ou tout simplement rejouer au football.

Vincent Labrune, président de l’OM désarmé quand une offre mirobolante est arrivée pour Dimitri Payet (7 buts, 17 passes décisives en Ligue 1)  résume bien les choses : « La Premier League, c’est devenue la NBA de l’Europe. Tout le monde veut y jouer, quitte à signer pour des petites franchises« , indique-t-il dans l’Equipe. C’est clair que pour un Tony Parker : combien d’Alexis Ajinça qui ne veulent que vivre leur rêve ?

Crédit photo : Beacon/Flickr

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.