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Manchester United: La vie sans Ryan

Il y a un an, le joueur le plus titré de Manchester United faisait ses adieux aux terrains et allait s’installer pour de bon sur le banc. Ryan Giggs se faisait lui-même entrer en jeu à Old Trafford pour dire au revoir à tout le monde.

Olivier Sclavo — 8 mai 2015
Ryan Giggsling
Ryan Giggsling

Il y a un an, le joueur le plus titré de Manchester United faisait ses adieux aux terrains et allait s’installer pour de bon sur le banc. Ryan Giggs se faisait lui-même entrer en jeu à Old Trafford pour dire au revoir à tout le monde.

Un an déjà que le combo short-crampons a été remplacé par le jogging-baskets et pourtant la place où Ryan Giggs s’asseoit est toujours la même. Le 6 mai 2014, Hull City faisait le déplace à Old Trafford pour l’avant dernier match d’une longue et pénible saison pour les Red Devils.

David Moyes avait pris les rênes de l’équipe au début de la saison. Il avait perdu son premier match 1-0 face aux Singha All Stars, les meilleurs joueurs de la redoutable ligue thaïlandaise, et avait galéré avec des joueurs vidés d’envie et d’energie pour se faire dégager comme un malpropre le 20 avril 2014 après une défaite 2-0 à Everton.

Le sort des rouges de Manchester tombe alors entre les mains de l’entraîneur-adjoint en stage/alternance cette saison là: Ryan Giggs.

La légende aux 23 saisons passées sous le maillot frappé du diable et du voilier, prenait SON équipe en main pour les quatre derniers matches de la saison.

Un miracle attendu et évidemment parachevé pour sa première dans le Théâtre des Rêves où ManUnited massacre Norwich 4-0. Mais la suite fait de suite ressortir les manques de l’escouade aperçus tout au long de leur chemin de croix avec une défaite à l’extérieur à Sunderland 1-0.

La jeunesse laisse place à la légende

Mais le sommet émotionnel c’est la semaine suivante. C’est le 6 mai que les Red Devils accueillent Hull City à Old Trafford pour le dernier match de l’immense ailier gauche. Le manager en interim inscrit son nom sur la feuille de match mais laisse place à la jeunesse pour faire mal aux Tigers venus en touristes. Avec James Wilson, Phil Jones, Chris Smalling, Tom Lawrence, Alexander Buttner et Adnan Januzaj, ça nous fait une moyenne d’âge de 21 ans pour aller essayer d’aller chercher une très peu probable place en Europa League.

Mais comme tout se doit de rouler pour ces adieux fait au plus grand, James Wilson montre que tout maigrichon qu’il est, son sens du but n’a peur de personne et plante un but à la demi-heure puis à l’heure de jeu avant de voir son numéro de maillot s’afficher sur le panneau que tient l’arbitre assistant sur le bord du terrain.

Derrière la ligne de touche, Giggs a donné ses dernières instructions. Le jeune Wilson laisse sa place à Robin van Persie et six minutes plus tard, le stade se lève pour la rentrée du fils prodigue. Comme une jolie blague de foot de District (mais en plus classe parce que là c’est Giggsy et Old Trafford tout de même!), l’entraîneur procède à son propre changement. « Come on Ryan! Go on son! » s’est hurlé Ryan.

Sur le terrain, ses jambes de 40 ans n’ont plus le même feu que sur les vidéos Youtube de ses prouesses passées mais il est là. Sous les yeux de ses fans qui savourent chacune de ses ultimes accélérations, il continue à faire changer de couleur le slip des défenseurs de Hull.

Et puis on ne peut rarement empêcher les meilleurs de briller, donc Ryan il trouve van Persie à l’entrée de la surface et le Hollandais marque de troisième but de la partie sur une dernière offrande du Boss. Le pied gauche le plus titré de Grande-Bretagne ne tirera par contre pas sa révérence sur un nouveau but et son missile sol-sol, passe au dessus du mur placé devant lui, s’en va en lucarne, juste pour être détourné par les gants du gardien adverse.

Coup de sifflet final puis speech d’adieu pour tous ceux qui sont et font United et on éteint les lumières d’Old Trafford sur 963 moments de folie offerts par le « Welsh Wizzard » depuis ses débuts en 1991. Les frissons, les larmes, la nostalgie comme un gros tacle de Roy Keane ou une gueulante de Sir Alex mais surtout comme les coup de reins de Ryan Giggs.

Plus tard, en rejoignant sa belle berline sur le parking du stade de St Mary, après le dernier match de sa dernière saison à jouer pour Man United, il fondra en larmes et les cachera à Nicky Butt en le croisant à la sortie du parc auto. Mais sans les crampons, l’Histoire nous fait moins rêver, pour l’instant.

Olivier Sclavo, à Londres

Photographe: Martin Rickett/PA

Olivier Sclavo

Journaliste, né dans le nid des Aiglons de l'OGCNice et vouant un culte sans fin à Paul Scholes. Basé à Londres pour vous donner le meilleur de ce que le football anglais a à nous offrir: des buts, des frappes, des tacles, de la bière et des tacles.

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