Le site 100% foot anglais en direct d'Angleterre

Reportage : Brentford s’offre un very Good Friday

Il y a des traditions à ne pas rater en Angleterre. Good Friday en est une, le derby de l’Ouest londonien entre Fulham et Brentford également. Ca tombe bien, en ce Vendredi Saint, les deux étaient réunis à Craven Cottage. Mais au final ce sont les Bees qui ont sonné les cloches des Whites (1-4) au terme d’une prestation parfaitement maîtrisée.

Cédric Drouet — 4 avril 2015
Brentford ratatine Fulham
Brentford ratatine Fulham

Il y a des traditions à ne pas rater en Angleterre. Good Friday en est une, le derby de l’Ouest londonien entre Fulham et Brentford également. Ca tombe bien, en ce Vendredi Saint, les deux étaient réunis à Craven Cottage. Mais au final ce sont les Bees qui ont sonné les cloches des Whites (1-4) au terme d’une prestation parfaitement maîtrisée.

5,6 miles. C’est la distance qui sépare Craven Cottage de Griffin Park, l’antre du Brentford FC. Autant dire une paille, à l’échelle de Londres. Et déjà, à une heure du coup d’envoi, les Bees (Abeilles en anglais, surnom donné aux supporters de Brentford) grouillent autour de Bishops Park, alléchés par la savoureuse odeur des Playoffs en fin de saison.

Excités, aussi, par ce court déplacement chez un rival ancestral auquel ils n’avaient plus rendu visite depuis décembre 1997. Une éternité. Dix-sept longues années d’attente à jalouser ce voisin perché sur son balcon en Premier League, financé par la richesse de Mohammed Al-Fayed et finaliste de la Ligue Europa en 2010 (battu par l’Atletico Madrid 2-1 ap., doublé de Diego Forlan). Pendant ce temps, la Tamise a coulé sous Putney Bridge : Brentford a pris l’ascenseur pour la League One mais la saison dernière a permis de rabibocher les deux clubs. Fulham relégué, Brentford promu, et des trajectoires inverses. Avant ce match, les Whites luttent pour leur survie (20e, 43 pts) tandis que les visiteurs rêvent en secret (7e à un point d’Ipswish, premier barragiste).

Lycéens espagnols et Frédéric Thiriez

De l’enjeu, donc, et surtout une ambiance exceptionnelle dès l’entrée des 22 acteurs. L’essaim s’est transformé en véritable ruche et plus de 7000  »abeilles » ont pris possession de la tribune Putney End. L’atmosphère monte d’un cran mais le speaker lance un petit Can’t take my eyes off you , histoire de ne pas oublier l’arrivée du printemps et les amours naissantes des lycéens espagnols présents à Londres pour ce week-end d’Easter. Et puisque tout est question de rythme, celui du premier quart d’heure est endiablé. Une faute sifflée en treize minutes, monsieur Hooper laisse jouer, sans doute au cas où Frédéric Thiriez aurait la mauvaise idée de le contacter pour venir arbitrer en Ligue 1.

Brentford : On s'y met à deux pour tacler Fulham

Freinés par un nul à domicile (2-2) contre Milwall avant la trêve, Brentford doit repartir de l’avant pour retrouver le top 6 de l’exigeante Premiership. Les hommes de Warburton ne refusent pas le jeu, avec une tactique articulée autour d’un 4-3-3 audacieux et un seul récupérateur, le Franco-Malien Toumani Diagouraga. Ce dernier rayonne au cœur du jeu et régale l’assistance par sa vista et ses pases ciselées.  »Depuis son retour de prêt à Portsmouth, il effectue une saison énorme. Aujourd’hui, il a tout simplement été brillant », nous confessera plus tard dans l’intimité du bus 430 ce supporter de la première heure (1957 tout de même !), qui en a vu passer d’autres…

Dallas, tes frappes de balle impitoyables

L’ouverture du score de Brentford par Dallas est donc cohérente (25e), suite à une belle percée de Pritchard, pas exactement harcelé par Grimmer sur ce coup-là. La sanction ne tardera pas et le latéral écossais de Fulham sera sorti à la pause par Kit Symons, dans une manière de verdict. Mais le mal est plus profond pour les Cottagers et le scénario se répète peu avant l’heure de jeu. Dallas et sa barbe nord-irlandaise s’avance et s’offre un doublé sur une frappe d’extraterrestre dans la lucarne du pauvre Bettinelli (0-2, 58e).

Fulham réagit. McCormack réduit l’écart sur un penalty généreux en prenant Button à contre-pied (1-2, 68e). Le derby s’anime franchement dans les vingt dernières minutes. Mais le sens de l’histoire accorde plutôt les faveurs des pronostics à Brentford, une seule défaite au compteur sur ses dix dernières visites au Cottage.

Du derby de l’Ouest à Derby County

La statistique va perdurer grâce à deux nouveaux bijoux tardifs : un coup franc direct de Judge (90e), d’abord et une demi-volée de l’Espagnol Jota, pour conclure (1-4, 94e). Serre-tête, cheveux longs et physique d’allumette, le gaucher a des faux-airs de Markovic, le Serbe de Liverpool. Facilité passagère et inconstance régulière incluses. Mais puisque l’amour rend aveugle, et parfois amnésique, les Bees lui pardonneront donc ses replacements aléatoires, quand il fait semblant de croire que l’action n’ira pas au bout pour s’éviter un effort défensif superflu. Cela semblait être le cas lorsque, dans le train du retour, un fan éméché s’emparait du micro du chauffeur pour chanter  »Come on Brentford FC », repris en choeur dans les rames des Rouge et Blanc.

Brentford, vainqueur emballant d’un derby enflammé, redécolle et s’empare de la 5e place avec un point d’avance sur Derby County, leur hôte dans une semaine pour ce qui ressemble, vu d’ici, à une balle de match. Les Abeilles pourront toutefois surfer sur la dynamique de ce match remporté sur les bords de la Tamise alors que Fulham semble toujours s’y noyer, inexorablement.

Cédric Drouet

Vous Aimerez Aussi