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Chelsea : Pourquoi José Mourinho perd de sa magie

La défaite contre le PSG a montré que le Portugais était moins flamboyant. Même s’il reste un manager hors-pair. Explications avant la réception piège de Southampton dimanche.

Paul Basse — 14 mars 2015
Premier League : Le calendrier a été dévoilé
Premier League : Le calendrier a été dévoilé

La défaite contre le PSG a montré que le Portugais était moins flamboyant. Même s’il reste un manager hors-pair. Explications avant la réception piège de Southampton dimanche.

Le mind game est un jeu que José Mourinho connait par coeur,  pratiquait à merveille. Cette guerre psychologique en football constitue à s’introduire dans l’esprit d’un joueur, d’un entraîneur, d’un adversaire, faiblard mentalement si possible, pour y semer le doute, la trouille, et récolter un ascendant psychologique au moment d’entrer sur le pré, de livrer un duel, etcetera, etcetera. Ce qu’on peut présenter comme un divertissement autant qu’une arme, le Portugais l’a utilisé à plein contre ses adversaires ces dernière années, au point d’en faire sa marque de fabrique. Le style Mourinho, c’est parler à la volée, avec un tant soit peu d’arrogance, la ramener, la ramener et la ramener pour notre bon plaisir puisqu’il nous sort -quelque peu, quand il veut- de la langue de bois.

Cette méthode pourtant ces derniers mois trouve ses limites. Avant la tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des champions, le Portugais avait claironné haut et fort qu’il souhaitait affronter le PSG  : « J’aimerais le PSG. Ce serait facile pour nous de voyager, facile pour nos supporters de voyager, ils ne devront pas dépenser beaucoup d’argent. Ils ont une bonne équipe, et je préfère une bonne équipe, et ça motivera les gars« .

Force est de constater, qu’après une élimination piteuse dès le second tour, le mind game s’est retourné contre le technicien lusitanien. Ses propos mi-provocateur,  mi-arrogant, ont servi de booster aux Parisiens : « Ce n’était pas une revanche. Mais ils nous ont beaucoup manqué de respect, soulignait Thiago Silva après le match. Surtout Mourinho parce qu’il a dit qu’il préférait jouer face au PSG parce que c’était juste à côté et que c’était plus facile pour ses supporters de venir. Mais je ne pense pas que c’était pour ça, c’était pour l’année dernière »

Moins flamboyant, toujours aussi calculateur

Sa communication corrosive s’était déjà retournée contre lui. N’avait-il pas savoureusement déclaré que Wenger était un « spécialist in failure » (« spécialiste de l’échec »), quelques mois avant que l’Alsacien ne remporte la FA Cup ? Le propos tombait d’autant plus mal que Mourinho s’était ramassé dans les derniers mètres de la course au titre, et avait fini bredouille.

Si sa communication bat de l’aile, au-delà de l’échec en Ligue des champions, le cachet Mourinho existe toujours. Mourinho a surclassé Mauricio Pochettino pour remporter la Coupe de la Ligue, son premier trophée depuis mai 2012. Il mène bon train et magistralement la Premier League depuis le mois d’août, sans être clairement inquiété par ses poursuivants. Dimanche, face à Southampton, il a l’occasion de prendre un boulevard en tête.

Certes, dans certains matchs, son équipe joue faux (couac contre Bradford en FA Cup en janvier), semble méconnaissable (déroute contre Tottenham en championnat (5-3) puis l’échec en C1) mais tout cela confirme que l’ancien coach de l’Inter Milan n’est plus un Golden Boy au succès foudroyant. Moins flamboyant en somme ; ceci étant, il est tout aussi calculateur, quand il s’agit défendre ses joueurs face aux critiques mercredi de Graeme Souness ou Jamie Carragher. « C’est un entraineur avec une aura considérable. On l’appelle le Special One. Il sait ce qu’il veut. C’est un winner. C’est un vrai winner. Il est capable de gérer les égos. Il est le numéro un sur la liste. Il est capable de protéger ses joueurs et de les critiquer, mais à bon escient et quand il le faut. On connait José dans tous les clubs où il est passé : il gagne« , nous indiquait Christophe Lollichon.

José Mourinho est davantage ancré dans un projet à long terme à Chelsea -contrairement à ses expériences intéristes ou madrilènes par nature éphémères- où l’objectif est de se mettre en conformité avec le Fair-Play Financier et compenser chaque recrue par un départ.Le projet est dans les temps. Même si les Blues n’ont rien remporté l’an passé. Et il serait malhonnête de ne pas reconnaître que Chelsea réalise une grande saison : un doublé Coupe de la Ligue/Premier League pointe à l’horizon en mai. Mais si certaines critiques s’élèvent, c’est d’abord parce que José a placé depuis 10 ans les standards à un niveau élévé : dans l’imaginaire des uns et des autres, le Portugais doit constamment gagner.

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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