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Droits TV de la Premier League : Ce que change les 7 milliards

Entre 2016 et 2019, les droits TV de la Premier League vont atteindre 7 milliards d’euros. Une somme folle. Analyse en trois points et conséquences.

Paul Basse — 11 février 2015
DannyMcDonald
DannyMcDonald

Entre 2016 et 2019, les droits TV de la Premier League vont atteindre 7 milliards d’euros. Une somme folle. Analyse en trois points et conséquences.

1. Les droits TV de la Premier League supérieurs aux PIB de la Moldavie et du Liechtenstein

Il est 17h à Londres lorsque Richard Scudamore décide de sortir du bois. Le boss de la Premier League a convoquer les médias. Il doit révéler les grands gagnants de l’appel d’offres pour les Droits TV de la Premier League sur la période 2016-2019. Au cours d’une conférence de presse retransmise en direct sur les chaînes d’information, Scudamore lâche la bombe : Sky Sports et BT Sports conservent leurs droits existants sur la Premier League au dépend de Discovery (via Eurosport) et BeInSport (Al-Jazeera), au prix d’une somme folle de 6,9 milliards d’euros (5,1 milliards de livres) sur trois ans.  

Enorme. Il n’y a pas d’autres mots pour qualifier ce qui nous coupe le souffle, et qui est un record dans l’histoire du football britannique et européen. En sport, seul la NFL fait mieux avec un contrat annuel deux fois plus important que celui dont on parle en continue depuis des heures et que certains qualifient, à tord ou à raison, d’obscènes. Manchester United, City, Arsenal, Chelsea, Liverpool et consorts vont se partager une monumentale cagnotte, en hausse de 70%. La Premier League conforte son rang de numéro 1 en Europe sur le plan économique.

Sky Sports sort grand gagnant (126 matchs par an pour 1,9 milliard annuel) et garde sa position dominante de diffuseur du football anglais avec 5 lots sur 7 dans son escarcelle. BT Sport aura deux lots de consolation et 42 rencontres à offrir à ses abonnés contre 431 millions d’euros par an . Chacun match coûtera aux diffuseurs en moyenne 13,7 millions d’euros. Rien que ça.

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2. Burnley a plus d’argent que l’Ajax Amsterdam

Il fera bon terminer dernier du championnat, au moins sur le plan économique. La lanterne rouge touchera 133 millions d’euros avec le nouvel accord télé. Le vainqueur du championnat 2016-2017 engrangera au minimum -hors variable selon la fréquence de diffusion- 210 millions d’euros. Oui 210 millions d’euros. « Je suis surpris par la taille de ce contrat, soulignait Richard Scudamore au cours de sa conférence de presse. Burnley est économiquement supérieur à l’Ajax » Chaque équipe a désormais la capacité de s’attacher les services d’un joueur évalué à 20 ou 30 millions d’euros. Facile, et sans trop tousser. La tentation est évidente : acheter à tour de bras en se pensant intouchable, incapable de descendre dans l’enfer de la deuxième division.  Pour sûr, la tension, les attentes, et la pression autour de notre championnat va monter de quelques crans. Pour le meilleur ou pour le pire : Doit-on s’attendre à une valse des entraineurs dès qu’un risque de relégation ne ferait que poindre le bout de son nez ? A l’achat à tour de bras de joueurs venus des meilleurs championnats européens au dépend des jeunes pousses issus des Academy ? Une chose est sûre, en Europe, le fossé était déjà énorme (voir infographie ci-dessous), il ne va pas qu’en s’accentuant.

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3. Tout pour les joueurs : Rien pour les supporters ?

Droits TV de la Premier League : Toujours plus de Di Maria ?

Droits TV de la Premier League : Toujours plus de Di Maria et de transferts records à venir ?

Les droits TV ont beau augmenter de 70%, il n’est pourtant pas sûr que les supporters anglais soient les grands bénéficiaires de la manne supplémentaire obtenue par leurs clubs. Dans les années qui ont suivi l’ancien record des Droits TV de Premier League (2013-2016), peu de clubs ont décidé de baisser leurs abonnements, certains les ont gelés (Chelsea, Manchester United) quand d’autres ont augmentés (Arsenal, notamment) leurs tarifs annuels, alors même que la colonne « salaire de joueurs » n’a cessé de gonfler ces dernières années. Résultat : il faut soit se saigner, soit renoncer à aller au stade. D’où les appels qui se sont multipliés pour une baisse du prix des abonnements. Une mesure qui trouve écho chez Jamie Carragher, le gamin de Liverpool la populaire : « Les montants des places, en particulier pour les déplacements à l’extérieur, doivent changer ».

Ce lundi 10 février, il y a beaucoup d’agents qui ont fait péter le champagne, après s’être frotté les mains devant le gâteau qui les attend. Beaucoup de joueurs vont vouloir sans doute renégocier à la hausse dans quelques mois leurs émoluments, compte-tenu des nouveaux revenus à venir. Si plus d’argent, équivaut à plus de compétition, alors il faudra partir bien armer pour espérer jouer crânement sa chance en Premier League. Depuis l’entrée en vigueur des droits TV sur la période 2013-2016, seuls Stoke City, Sunderland, West Brom ont vu leur masse salariale baisser. [hr style= »dotted »]

Source : AFP, LFPTsmplug.com / Crédit Photo : DR & Ronnie McDonald

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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