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Stambouli & Cabella : les patients Français

Lors du traditionnel Boxing Day, pas de repos en Premier League. Tottenham et Newcastle se déplaçaient respectivement à Leicester et Man U. L’occasion de dresser un bilan des débuts de Benjamin Stambouli et Rémy Cabella en Angleterre, six mois après leur départ de Montpellier.

Cédric Drouet — 26 décembre 2014
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Lors du traditionnel Boxing Day, pas de repos en Premier League. Tottenham et Newcastle se déplaçaient respectivement à Leicester et Man U. L’occasion de dresser un bilan des débuts de Benjamin Stambouli et Rémy Cabella en Angleterre, six mois après leur départ de Montpellier.

Cabella, des bleus à l’âme

Remy Cabella : Comme Stambouli, débuts difficiles

Rolland Courbis l’avait promis : il ne passerait « pas plus d’un quart d’heure » à Newcastle. L’été dernier, l’entraineur montpelliérain, à la faconde acérée, avait ainsi manié l’ironie pour commenter le transfert de Rémy Cabella chez l’actuel 9e de Premier League. Un quart d’heure. Il en avait pourtant fallu à peine plus à ‘’RC10’’ pour signer deux buts et deux passes décisives l’an passé contre Lyon (5-1), un jour où il avait marché sur l’eau comme sur les Gones. Depuis cette eau a coulé sous les ponts, et sur les rives du Tyne, Cabella navigue encore à vue.

Pour l’ancien pailladin, le temps d’adaptation s’éternise pendant que celui de l’insouciance s’éloigne à grands pas. Pourtant Cabella garde le sourire au quotidien, malgré des statistiques inquiétantes : 16 matches, 9 titularisations, 0 but. Un néant qui n’inquiète pas Michel Mézy, conseiller du président Louis Nicollin au MHSC et qui a vu grandir Cabella depuis sa victoire avec la Gambardella en 2009 : « Contrairement aux apparences, Rémy possède une grande endurance et un gros volume de jeu. Je reste persuadé qu’il peut s’imposer en Premier League, même si l’écart avec le championnat de France est important ».

Un optimisme pas exactement partagé par le manager de Newcastle Alan Pardew. Le patron des Magpies a tout tenté pour redonner confiance à son attaquant : la patience en début de saison, puis le banc de touche et enfin le tacle public il y a quelques jours : « Je pense que Cabella n’est pas encore prêt pour faire face aux exigences de la Premier League ». Un surprenant désaveu pour des dirigeants ayant déboursé près de dix millions de Livres (12M€) six mois plus tôt. De plus en plus critiqué par la Toon Army, Pardew a sorti le parapluie et on jurerait que ce n’est pas pour se protéger du ciel maussade de Newcastle.

Victime collatérale, dernier représentant en date de la colonie française présente à Saint James’ Park, et absent de la dernière liste de Didier Deschamps avec les Bleus, Cabella va devoir muscler son jeu, ne serait-ce que pour retrouver sa place dans le groupe France. Mais il en a vu d’autres. Gravement blessé au genou en 2009, prêté à Arles-Avignon un an plus tard, présent sans jouer une minute lors du Mondial au Brésil, le Corse semble revenir de tout, porté par sa bonne humeur permanente et une certaine force de caractère. N’en déplaise à Rolland Courbis, Rémy Cabella n’a donc toujours pas renoncé à s’offrir son quart d’heure de gloire à Newcastle…

Stambouli à pile ou face.

Benjamin Stambouli en difficultés à Tottenham

Analyser les débuts de Benjamin Stambouli à Tottenham, c’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. Régulièrement boudé par Mauricio Pochettino en championnat (seulement trois apparitions en cours de matches !), l’ancien international Espoirs est un titulaire quasi-indiscutable dans les autres compétitions (Ligue Europa, FA/League cup). Son but crucial face au Partizan Belgrade (1-0) a même offert la qualification aux Spurs pour les seizièmes de finale en coupe d’Europe. Une certaine idée de la schizophrénie, mais surtout « un processus normal d’adaptation », comme nous l’a confié son manager argentin lors de sa dernière sortie en championnat (2-1 contre Burnley).

« Benjamin est un joueur comme un autre, un bon joueur, qui doit s’imposer au sein du club », a poursuivi Pochettino.

Le cas de Benjamin Stambouli est donc l’exact opposé de Rémy Cabella : quand il joue, ‘’Benji’’ est toujours performant. Mais il aimerait jouer davantage, malgré la concurrence hallucinante au milieu chez les Spurs : Eriksen, Dembélé, Paulinho, Bentaleb, Townsend, Chadli, Capoue. Une folie. Cet effectif vertigineux pousse Pochettino à évoluer avec deux équipes bien distinctes cette saison. Mais la fatigue accumulée et certaines blessures ou suspensions pourraient inciter le technicien londonien à faire tourner, surtout en cette période du Boxing Day.  C’est en tout cas l’avis de Michel Mézy, joint par nos soins et très confiant pour la suite : « Je pense que Mauricio Pochettino a raison. Benjamin a fait de très bons matches dans les coupes et c’est une porte ouverte à des titularisations à venir en championnat. Ses prestations sont vraiment très encourageantes ».

Benjamin Stambouli doit donc apprendre la patience, pas évident pour un joueur champion de France à 21 ans avec son club formateur. L’idée d’un prêt hivernal lui a d’ailleurs traversé l’esprit, mais il a disputé deux matches avec Montpellier en début de saison et la règle interdit à un joueur de porter trois maillots différents au cours d’un même exercice. De quoi regretter son refus de rejoindre l’OM de Marcelo Bielsa l’été dernier ? « Ce n’était pas le moment. Peut-être qu’un jour, en tant que Marseillais, je jouerais à l’OM mais j’ai quitté la France pour vivre un challenge différent », a récemment déclaré Stambouli, qui comme Cabella lorgne sur l’Euro-2016 en France.

L’exemple de Mapou Yanga-Mbiwa, passé de Montpellier à Newcastle sans réussite puis prêté à la Roma et rappelé en Bleu par Didier Deschamps a peut-être donné des idées à Stambouli mais là encore Mézy tempère : « Benjamin, comme Rémy, ont encore six mois pour s’imposer, c’est largement suffisant. » Plus que jamais, le temps semble donc être le meilleur allié des deux patients français pour saisir, lorsqu’elle se présentera, l’opportunité de s’imposer en Premier League.

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 L’avis de Michel Mézy sur ses anciens 

Cédric Drouet

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