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Reportage : Tottenham reprend vie

Franchement mauvais en début de saison, Tottenham reprend des couleurs. Reportagre en marge de la victoire (2-1) contre Burnley.

Paul Basse — 20 décembre 2014
Tottenham reprend vie en Premier League - Offside !
Tottenham reprend vie en Premier League - Offside !

Franchement mauvais en début de saison, Tottenham reprend des couleurs. Reportage en marge de la victoire (2-1) contre Burnley.

Un peu perdu, des Italiens, dans un anglais très hésitant, demandent leur chemin à un homme, la quarantaine, mais customisé de la tête au pied, avec toute la panoplie du supporter des Tottenham Hotspurs. Après plusieurs longues secondes de circonspection, la mascotte ambulante confirme : « C’est le bon train« . Ce train, il est à Seven Sisters, et il prend la direction de Chesnut, mais il s’arrêtera à White Hart Lane, qui est le nom de la station, et à la fois la dénomination du temple des Spurs.

Sur le chemin du stade, des hommes, des femmes, des enfants, des vieux, des jeunes : tout le melting pot d’un quartier populaire, qui vit entre misère sociale, enclavement, mais nouvelle vibe culturelle. Tottenham est niché dans le Nord-Est de Londres, à quelques centaines de mètres d’Arsenal, l’ennemi juré. Aujourd’hui, l’adversaire s’appelle Burnley. Ça ne casse pas des briques. Les supporters des Spurs le savent : « Si on perd contre Burnley, pffff, je reviendrais, mais aaaah« , résume un jeune lad, bien anglais. A Tottenham, on s’attend à tout, surtout au pire.

Si Old Trafford est le théâtre des rêves, White Hart Lane a toujours été tout autre. Ici, on a l’habitude des trempes et des défaites embarassantes. Pourtant, on revient, invariablement, dans cette enceinte, qui ne désemplit pas. Par contre, on ne rêve plus depuis les départs des joyaux : Lukas Modric d’abord, Gareth Bale ensuite. Mais sur le pré, dans ce match qui ne démarre pas tambour battant, on se dit que le prochain à déserter ou à être transféré, sera Christian Eriksen. L’un des seuls vrais -et derniers numéro 10- de la Premier League a trop de talents pour ne pas le montrer en Ligue des champipons. Il est élégant, il éclaire le jeu, il joue simple : une merveille.

Harry Kane incarne lui le reconfort dans une saison morose, mais qui semble reprendre un chemin plaisant, tout doucement, depuis la défaite à Chelsea (3-0). Il y a eu la purge contre Crystal Palace (0-0), mais depuis, c’est deux victoires contre Swansea et surtout Newcastle, qui a permis aux Spurs de se qualifier pour les demi-finales de Coupe de la Ligue. Kane a marqué au cours de ce match. La révélation de la saison récidive ce samedi contre Burnley, sur un excellent service de Chadli et de la tête. On aime bien ce type, parce qu’il est un vrai buteur qui frappe tout le temps, même s’il est égoïste. Il est généreux dans l’effort, et quand il sort de ce match, c’est toujours sous un tonnerre d’applaudissement, comme on disait dans les annéese 80.

Bon, l’avantage des Spurs ne dure pas longtemps. Ashley Barnes marque d’une frappe en lunette magnifique. On apprécie de trop loin que les supporters de Burnley deviennent complètement dingue au moment du but, à dévaler les marches en se sautant dessus. Tout le monde se calme dans les autres parties des tribunes « Spurs » On entend moins les supporters londoniens. C’est presque dommage, les « assis-toi« , « arrête de te marrer » envoyés à l’entraineur sont hilarants.

Tottenham flippe sévère en fin de match

Qui perd le ballon sur l’égalisation ? Erik Lamela, tiens donc. Discret comme jamais, il met tout le monde d’accord quand il repique dans l’axe, de son aile droite, pour placer une frappe (35e) dans le petit filet. Génial, il l’est certainement mais trop rarement.

Personne n’est vraiment rasssuré en tribunes. La défense des Spurs est une passoire. Plusieurs fois Lloris doit jouer les libéros pour couper les ballons systématiquement en profondeur. C’est lui, qui sort deux face-à-faces devant Ings, juste après la mi-temps (47e, 53e).

Benjamin Stambouli est dans son match. Il avait commencé sur le banc, comme souvent en championnat, quand ce n’est pas en tribunes. Stambouli entre en jeu après la blessure à la cheville de Ryan Mason. Il se place au milieu de terrain dans ce qui constitue sa troisième sortie en Premier League. Jamais titulaire pourtant, il est techniquement au poids mais son volume de jeu doit s’étoffer : « un processus normal » nous dira son entraineur en conférence de presse.

La seconde période est un ennui. Lamela agaçe tout le monde à perdre des ballons faciles. Idem pour Bentaleb qui se fait de sucroit huer. Mauricio Pochettino s’époumone. Lloris foire toutes ses relances au pied. Tout le monde est tendu.

On arrive dans le dernier quart d’heure, et les supporters de Burnley sont braves à chanter et taper des mains. Les leurs donnent tout. Ça on aime, comme la talonnade d’Eriksen pour Chadli qui échoue devant Heaton. Il ne se passe plus rien ou presque. Fin de match façon on-flippe-grave. Le coup-franc de Wallace est détourné par Lloris. Des « Hugo, Hugo » descendent de White Hart Lane. Christian Eriksen sort, remplacé par Danny Rose. On ne comprend pas. Les Italiens non plus ?

Paul Basse à White Hart Lane

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Tottenham 2 – 1 Burnley

Buts : Harry Kane (22e), Lamela (35e) – Barnes (27e)

Tottenham : Lloris – Walker, Fazio, Verthonghen, Davies – Mason (Stambouli, 43e), Bentaleb – Lamela, Eriksen (Rose, 90e), Chadli – Kane

Burnley : Heaton – Trippier, Shackell, Keane, Mee – Jones, Arfield (Wallace, 79e), Marney – Boyd (Kightly, 79e), Barnes (Jutkiewicz, 89e), Ings

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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