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Arsenal : A bout de souffle ?

Dissensions dans le staff, début de saison raté, impression de surplace, et si le système d’Arsène Wenger vieux de 18 ans avait atteint ses limites ?

Paul Basse — 13 novembre 2014
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Dissensions dans le staff, début de saison raté, impression de surplace, et si le système Wenger, vieux de 18 ans, avait atteint ses limites ?

Arsenal, ces dernières années, c’est comme prendre un stylo et enlever le capuchon. Fixer la pointe sur le papier, et commencer à tracer une spirale. Les cercles se répètent invariablement d’une même couleur moche et uniforme. Et ils se répètent, encore et encore.

Cela fait 18 ans qu’Arsène Wenger est au club. Les neuf première années ont été une réussite totale dont le chef d’oeuvre reste les Invincibles de 2004. L’Alsacien a révolutionné culturellement le football anglais (avec des joueurs européens et surtout Français) et structurellement (nouvelles méthodes, nouveau stade, nouveau centre d’entraînement).

Mais depuis 2005, les deux faits de gloire ont été une Cup l’an dernier et une finale de Ligue des champions en 2006. Entre 1996 et 2006, Arsenal était une équipe de loups, de cogneurs, de balèzes, respectée et crainte compsée de gros bras comme Lee Dixon, Tony Adams, Martin Keown, Patrick Vieira, Ian Wright, Gilberto Silva ou Freddie Ljungberg. Des mecs prêts à coller des tampons, de faire jouer l’expérience, au point d’être exagérément qualifié de « dirtiest team in England (Equipe la plus sale dans le côté jeu dur) » par Sam Allardyce ; mais agrémentés aussi de types doués un ballon au pied (Pires, Henry, Vieira, Anelka) et d’un génie avec Dennis Bergkamp.

Arsène Wenger quand il était au top

Le virage opéré depuis est clairement sec. Plus d’agneaux ont été recrutés ces dernières années alors que la Premier League est un championnat de loups. Un choix subi -pour financer le nouveau stade- ou tout à fait consenti aussi avec des joueurs au profil technique, un peu léger, mais esthète avant tout. Tant et si bien que, quelque soit la saison depuis, les mêmes défauts se perpétuent : la défense rouge explose, un milieu défensif taulier est réclamé et les joueurs offensifs ne sont jamais performants sur le long terme (Ozil, Ramsey, Diaby, Rosicky) -certes aussi parce qu’ils sont (trop) souvent victime de blessures.

Arsène Wenger sévèrement attaqué

Si on synthétise ces 8 dernières années, on constate aussi : une vraie supériorité technique qui n’est pas valorisée par un ascendant athlétique sur le pré. Le jeu et les muscles sont mêlés dans le football de ces 20 dernières années. Les 4 derniers vainqueurs (Barça, Chelsea, Bayern, Real) de la Ligue des champions allient les deux. Combiné à une absence de mentalité de champions, ça donne un titre en neuf ans pour l’un des clubs les populaires en Angleterre.

Aujourd’hui, Wenger est frontalement attaqué après l’incroyable scénario du match contre Anderlecht, qui hypothèque les chances de finir premier du groupe de Ligue des champions, et la défaite contre Swansea dimanche dernier. L’ancien milieu de terrain Paul Merson a craqué sur Sky Sports, le Canal Plus anglais,la semaine dernière en qualifiant 11 fois -oui, oui- l’équipe de « clueless (ignorante) » Une source au sein du club susurre même à la presse anglaise que des désaccords existent entre l’Alsacien et Steve Bould son adjoint. Ian Wright, la légende, l’a confirmé à la BBC : « Je sais qu’il y a des joueurs que Steve Bould a recommandé à Arsenal, qui n’ont pas été pris. Cela doit changer ».

Arsène Wenger a déjà capitulé devant Chelsea

Pire, sur le plan du jeu, le schéma défensif proposé par l’ancien entraineur de Monaco laisserait sceptique Bould et d’autres membres du staff. Par deux fois Arsenal a mené lors de ses deux dernières sorties avant de concéder le nul puis perdre. A deux reprises, la naïveté et la volonté du « toujours-marquer-non-je-ne-pose-pas-le-jeu » se sont retournés contre les Gunners : « On doit jouer un football sérieux, a fulminé Per Mertesacker, le vice-capitaine sur le site officiel du club. On ne doit pas perdre le ballon et être pris en contre. C’est incroyable cette situation ».

Nous ne sommes qu’au premier tiers du championnat. On n’insultera pas l’avenir. Mais Arsenal part de loin pour remporter la Premier League. Et la Ligue des champions semble inaccessible.

Olivier Giroud et Mesut Ozil reviendront ces prochaines semaines. Mais Arsène Wenger, dans une dialectique qu’on ne lui connait pas, a annoncé sa capitulation face à un titre de champion d’Angleterre qu’il n’a plus conquis depuis une décennie. Ce sera le Chelsea de l’ennemi -sans guillemets- L’an passé il a signé pour trois années supplémentaire. Mais la frustration chez les supporters monte après des années d’échec. Il ne faudra pas se louper contre Manchester United. Mais c’est au terme de la saison qu’on saura si le long cycle Wenger à Arsenal s’arrêtera. Ou si le cercle continue. [hr style= »dotted »]

Crédit photo : Wiki & Arsenal

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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