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LdC : Liverpool n’est même pas déçu

La montagne était trop haute pour Liverpool, lourdement battu par le Real Madrid. Au bar des supporters à Londres, il n’y avait même pas trop d’abattement.

Paul Basse — 23 octobre 2014
Liverpool dompté par le Real
Liverpool dompté par le Real

Pour Liverpool la montagne était trop haute. Trop léger, sans intensité ou presque durant le match face au Real Madrid, la formation de Brendan Rodgers s’incline (3-0) lourdement. Au bar des supporters de Liverpool à Londres, il n’y avait même pas trop d’abattement.

Il y a à peu près un demi-mètre carré par supporter de Liverpool. On se bouscule tous, mais c’est sympa au fond. Car tout le monde a l’air heureux d’être là devant les quatre écrans du pub, le Ruse Bar and Lounge. Ici, c’est Borough au Sud de Londres, le QG des supporters de Liverpool de la capitale. Tout le monde est chaud avant le choc face au Real, champion d’Europe en titre, qui n’a jamais battu les Reds en trois confrontations. Ca chante à la gloire de Brendan Rodgers, et des Reds sur les cinq Ligue des champions remportés. On y croit sévère. Ambiance des grands soirs avec maillots rouge ou écharpe pour tout le monde.

Ça rigole pour Liverpool en début de match. Les Reds sont accrocheurs. Jordan Henderson met un premier tampon à Cristiano Ronaldo. Et la centaine de fans de Liverpool exultent, donnent de la voix après un monumental You’ll Never Walk Alone qui donne des frissons. Dans les 15 premieres minutes l’équipe de Rodgers y va au courage. Le côté mort de faim plait. Du « Yeah » et « Come on » s’échappe entre deux descentes de bières. Même Glen Johnson gagne ses duels face à Cristiano Ronaldo.

Mais ça se crispe quand CR7 prend le dessus sur l’ami Glen et surtout quand James Rodriguez place une bijou d’extérieur du pied pour le Portugais. 1-0 (23e). Au moment du but, on ne sait plus où on est. Plutôt dans un cimetière avec en fond sonore les commentaires de Sky Sports et le bruit de quelques verres heurtant le comptoir.

Derrière nous, un brun a décidé de s’improviser lanceur de chants. Même si les mots, sur l’effet de l’alcool, sortent difficilement. Les fans repartent mais ça ne prend qu’un temps. Le temps que Benzema place sa tête (30e) après un corner mal repoussé, aussi seul qu’un mec bourré en soirée à 7h du mat. Silence de cimetière acte 2.

« Bouge Johnson ! » dit un supporter de Liverpool

2-0 puis 3-0 : Toujours sur coup de pied arrêté. Encore Benzema (41e), à l’affût cette fois. Les insultes fusent : « Fuck off », « wanker » : On note, ça peut servir pour le futur recueil des insultes en Anglais pour les nuls. La frappe sur le poteau de Coutinho ravive la flamme à une minute de la pause. Mi-temps. Mario Balotelli ne sort pas du tunnel pour le deuxième acte, remplacé par Adam Lallana, dans ce qui ressemble à une exécution par Rodgers d’un attaquant déjà plein de doutes.

On ré-entend les références à Istanbul quand Liverpool avait renversé le Milan d’un certain Ancelotti en 2005. Mais la belle histoire en Turquie ne se rejouera pas. Liverpool n’a pas une action franche qui pousse Casillas à s’employer. James Rodriguez est tiède, un peu chiant à rentrer sur son pied gauche SYS-TE-MA-TI-QUE-MENT. Glen Johnson prend cher. Mais l’Anglais le cherche bien à ouvrir la boutique sur son côté, et en redonnant le ballon aux Madrilènes. Du « Bouge toi Glen Johnson » surgit au fond du pub. On se surprend à remarquer que Fuck s’emploie avec tous les mots possibles et inimaginables.

Pas un Red ne quitte le pub avant la fin, même à 3-0. Ils observent la supériorité technique du Real sur un Liverpool tout doux qui laisse Raheem Sterling tout faire. Arbeloa fait espérer un petit csc sur une tête qui passe au ralenti bien à côté. Les récriminations s’atténue. La passion reste parce qu’on chante les idoles Gerrard et Rodgers et même Luis Garcia, John Arne Riise (oui, oui) et Sami Hyppia dans une fin de match aux allures de petits entrainements pour le Real avant le Clasico, samedi. Jusqu’au bout les Reds sont là. Pas un ne quitte l’arène. On attend le coup de sifflet final, le temps d’entonner un dernier You’ll Never Walk Alone. Et d’insulter une dernière fois Glen Johnson.

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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