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Balotelli : Le coupable trop idéal à Liverpool

Sous le feu des critiques après la défaite conte le Real Madrid, Mario Balotelli est un coupable trop idéal. Les problèmes de Liverpool sont plus profonds. Explications.

Paul Basse — 23 octobre 2014
Balotelli sous le feu des critiques
Balotelli sous le feu des critiques

Sous le feu des critiques après la défaite contre le Real Madrid, Mario Balotelli est accusé de tous les maux. A tord sans doute. Les problèmes de Liverpool sont plus profonds. Explications.

On ne va pas se mentir : après 10 matchs et un but, le bilan de Mario Balotelli est famélique avec Liverpool. Depuis la claque prise face au Real Madrid (0-3), on tire à boulets rouges sur Super Mario. La défaite importe moins que l’échange de maillot entre Pepe et Balotelli. Si en Europe, personne n’objecte, en Angleterre, c’est une offense : un journal a même demandé des excuses publiques à l’Italien. Pourtant, personne n’avait déclaré Steven Gerrard, capitaine, traitre à la patrie lorsqu’il a refilé le maillot des Three Lions à la mi-temps du match contre l’Italie à Claudio Marchisio en Coupe du Monde.

L’anecdote Pepe/Balotelli agite certains. Mais cela reste cependant pas grand chose par rapport aux questions soulevées par la défaite de Liverpool, et plus largement au début de saison du vice-champion d’Angleterre.

Balo est en crise de confiance et terriblement maladroit depuis son arrivée à Anfield. Oui, oui et re-oui. Mais les problèmes de Liverpool sont plus profonds que le cas de l’Italien à la crête dorée, qui ne peut ni à la fois résorber une défense passoire, et solidifier un milieu de terrain qui manque d’agressivité et de créativité. Des joueurs confirmés, achetés bien plus cher cet été comme Lovren (25M€) ou Markovic (25M€) ne mettent pas un pied devant l’autre mais échappent à la critique.

A Anfield, mercredi soir, Glen Johnson n’a remporté aucun de ses duels aériens (embarrassant pour un défenseur), et seulement un tacle sur trois a été réussi. Simon Mignolet est catastrophique dans les buts. Mangé sur coup de pied arrêtés, collectivement et individuellement, Liverpool est loin de son potentiel : « Balotelli est le reflet de l’équipe, souligne John Barnes, la légende (1987-1997) du club au Soccerex. Il ne joue pas bien. Aucun joueur ne joue bien. Regardez Adam Lallana, c’est un bon joueur. Balotelli est un bon joueur. Mais si vous arrivez dans cette équipe -qui je ne dirais pas qu’elle lutte, mais elle ne joue pas à son vrai potentiel- alors vous faîtes comme elle. Une fois que l’équipe va revenir, je n’ai aucun doute que Balotelli va commencer à marquer des buts, et à mieux jouer. Cela arrivera quand l’équipe jouera bien mieux »

Liverpool pense toujours avoir Suarez

Au fond, le plus grand écueil des Reds, c’est de ne jamais avoir fait le deuil de Suarez. A l’intersaison d’abord : en pensant qu’en recrutant à tour de bras, des joueurs bons mais sans plus, ils seraient capables de compenser le départ du génie démoniaque. Ensuite : en restant sur le même schéma tactique que l’an passé. Balotelli n’est pas Suarez et il ne le sera jamais. Là où Luisito avait l’art et la manière d’éliminer, d’être filou pour se faire oublier et prendre la profondeur, Balotelli est tout autre. Il a besoin d’une expression collective avec des milieux de terrains qui lui donne des ballons dans les pieds.

Balotelli utilisé à contre-emploi

Le style Balotelli, c’est celui d’un buteur qui a besoin qu’il y ait du mouvement, des pénétrations des latéraux ou des milieux créateurs comme à Manchester City avec David Silva, James Milner et Adam Johnson qui amenait de la vitesse. Suarez crée l’exploit par ses dribbles, ses petits ponts, ses crochets. Balotelli a besoin d’être alimenté, dans les pieds, en profondeur ou par des centres. Dans ces conditions, il utilisera ses qualités : protection de balle dos au but, frappe lourde de loin, capacité à reprendre les ballons de volées. Il sera toujours incapable de jouer seul en pointe, il faudra toujours un type qui rentre à l’intérieur pour le goinfrer. Balotelli ne cavalera jamais comme un Suarez. Il sera toujours plus intéressé par rester en pointe. On n’utilise pas un joueur à contre-emploi, qui plus est quand il est attaquant.

Rodgers a choisi de conserver son schéma. A Balotelli de s’adapter à sa méthode. Il y a trois ans jour pour jour, Mario Balotelli mettait Manchester United (6-1) a ses genoux avec un « Why Always Me ?” en bonus d’une performance pleine. Le pire, depuis, c’est qu’on lui a demandé d’arrêter de déconner et qu’il s’est exécuté. Et Mario Balotelli n’a jamais été aussi fade.

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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