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Roy Keane : « On m’a dit : je suis une bombe à retardement »

Roy Keane, Keano pour les intimes, sort comme Rio Ferdinand sa dernière autobiographie, « Second Half ». Révélations entre bagarre avec Peter Schmeichel, appel du Real Madrid sur la lunette des toilettes et crise de la quarantaine.

Paul Basse — 8 octobre 2014
Roy Keane dit tout : Les meilleurs extraits sur Offside !
Roy Keane dit tout : Les meilleurs extraits sur Offside !

Le Real Madrid, Patrick Vieira, Paul Scholes, ABBA : Roy Keane avait beaucoup de choses à dire dans son autobiographie Second Half. L’écorché vif, l’impulsif, le loup, le sanguin se confie dans un récit franc, direct et engagé comme son jeu. La preuve en neuf extraits que Roy Keane est le joueur le plus fêlé de l’histoire de Manchester United.

1. Il refuse le Real Madrid en 2005 sur le trône
C’est le mois de novembre. Après son énorme brouille avec Manchester United, et Alex Ferguson en particulier, le joueur reçoit plusieurs offres d’Europe. L’une d’elles vient du Real Madrid : « Mon agent m’a révélé qu’Emilio Butrageño m’appelerait. J’ai pris mon téléphone partout avec moi. Et -comme par hasard- il m’appelle au moment où je suis assis sur la lunette des toilettes. Il me dit : « Ecoute Roy, nous serions ravis de t’avoir avec nous. Le conseil d’administration doit valider le transfert ». J’aurais dû davantage considérer l’offre du Real Madrid. C’était le défi le plus important devant moi, mais je n’ai pas accepté l’offre. J’ai pris une approche négative. Plus que toute autre chose, c’est la peur qui m’a guidé. La peur de l’inconnu ».

Roy Keane vs Steven Gerrard : les amabilités

2. « Heureux » de l’attaque cardiaque d’un joueur

Août 2007 : Clive Clarke prêté par Sunderland à Leicester City est victime d’un malaise cardiaque lors d’une rencontre de Coupe de la Ligue face à Nottingham Forest. Le même jour, Roy Keane a vu son équipe de Sunderland subir l’humiliation face à Luton, pensionnaire de League One (3e division) 3-0 à domicile : « J’ai eu une pensée démoniaque : « Je suis heureux qu’il y ait eu ça ce soir là. Cela a détourné l’attention sur notre performance catastrophique. […] mais j’oublie parfois que je ne suis pas la seule personne avec des parents et des enfants ».

Roy Keane : La revanche

3. Il casse le genou sciemment d’un joueur et ne regrette rien

Il l’avait déjà dit dans sa première autobiographie sortie en 2001 mais Roy Keane a décidé d’en remettre une couche concernant Alf-Inge Haaland. En 1997, notre Irlandais agonise sur le sol, victime d’une rupture des ligaments croisés du genou. Haaland, debout, ne réalise pas et se plaint à l’arbitre de la rencontre entre Manchester United et City d’une simulation de Keane. Manifestement très rancunier, l’ancien capitaine mancunien décide quatre ans plus tard de briser le genou du défenseur norvégien. Normal : « Il y a des choses que je regrette dans ma vie. Mais ça, ce n’est pas [un regret]. Il était un adversaire totalement con à affronter. Il pinaillait, était fourbe. Je voulais l’accrocher, et qu’il sache ce qu’il se passait. Je voulais lui faire mal et le toiser en disant : « Prend ça, sale pute ». Je ne regrette rien. » La carrière d’Alf-Inge Haaland est brisé. Il a comparé Keane, en réponse à ce passage, à Saddam Hussein.

Roy Keane et Peter Schmeichel : combat lourd

4. Sa bagarre contre Peter Schmeichel

Manchester United est en tournée en Asie, histoire de se remplir les poches, et se préparer un peu pour la saison 1998/1999 qui les verra réaliser le triplé : Championnat, Coupe, Ligue des champions. Mais tout ceci a commencé par une bagarre de mecs bourrés : Roy Keane face à Peter Schmeichel. Oui, Peter Schmeichel, l’ancien gardien de but, hyper balèze qu’on ne veut affronter que quand on est fou ou bourré. Roy Keane est un peu des deux. Le combat se déroule à Hong-Kong : « [Schmeichel] me dit qu’il en marre de moi et qu’il est temps qu’on règle cette histoire. Je lui réponds « ok ». Et nous nous sommes battus. J’avais l’impression que ça a duré dix minutes. Il y a eu beaucoup de bruits. Peter est un mec costaud. Je me suis réveillé le lendemain matin, et je me rappelais vaguement du combat. Ma main me faisait très mal, et l’un de mes doigts était de travers […] Le manager [Alex Ferguson] nous a engueulé alors que nous montons dans le bus, et les gens parlaient d’une bagarre dans l’hôtel la nuit précédente. Je me rappelais de certaines choses. Nicky Butt m’a raconté. Il a arbitré le combat. Peter m’avait attrapé, et je lui ai mis un coup de tête. On s’était battus pendant très longtemps. »

Roy Keane & Patrick Vieira : chaud duel

5. Sa rivalité avec Patrick Vieira

Février 2005. La rivalité entre Manchester United et Arsenal est à son paroxysme. Arsenal a gagné la Premier League en Mai 2004 sans perdre un seul match. United a pris sa revanche en octobre en mettant fin à la série de 49 rencontres sans défaite des Gunners. Les deux équipes se retrouvent en 2005 en championnat à Highbury. Un incident mémorable entre les deux capitaines Roy Keane et Patrick Vieira vient marquer la rencontre : « Alors que je m’approche, j’entends du bruit au bout du tunnel. J’ai vu quelques doigts pointés vers Gary Neville. J’ai pété un plomb. Cinq secondes avant, j’étais parfaitement calme, prêt pour le match. Je pensais qu’ils allaient s’occuper de lui sur le terrain mais dans le tunnel ? Je me suis dit « L’enfoiré ! » (NDLR : « The fucker » à propos de Vieira). Ils essayent de l’intimider ! Ils avaient une équipe de costauds, et dans le tunnel, ils avaient l’air encore plus forts. Je me suis dit : »Ok, allons y ! ». Si on s’était battus, Patrick m’aurait probablement tué ».

6. « Tout le monde pense que Scholes vit dans un HLM »

« Paul Scholes était un très, très grand joueur. Mais je ne pense pas qu’il était le petit voisin sympa ou qu’il était très humble. Il y autre chose chez lui. Tout le monde pense qu’il habite dans un HLM. La génération 92 (NDLR : Celle de Giggs, Beckham, des Neville, Butt et donc Scholes, vainqueur de la FA Cup junior cette année-là), avait de très bons joueurs. Mais leur rôle au club a été exagéré. […] Nous avions tous les mêmes buts, tous la même rage ».

7. ABBA : « Dancing Queen »

« Cela peut paraître étrange, mais on en apprend beaucoup sur les joueurs quand on sait qui est responsable de la musique. [….] A Sunderland (où Keane a entrainé entre 2006 et 2008), personne n’était chargé de la musique, et cela m’inquiétait. Un membre du staff s’en occupait. J’espérais que quelqu’un le chope à ce moment-là. La dernière chanson avant que les joueurs entrent sur le terrain était « Dancing Queen » d’ABBA. Ce qui m’inquiétait, c’est qu’aucun des joueurs -pas un seul- n’a dit : « Enlève cette merde ». Ils allaient jouer un match, d’homme à homme, avec un niveau de testostérone élevé. Il faut mettre du rythme. Putain de Dancing Queen. Ca m’inquiétait. Je me suis dit que je n’avais pas de leader ce jour-là ».

Roy Keane : Apparement, Ronaldo donne des vertiges à O'Shea

8. Le jour où Cristiano Ronaldo a humilié John O’Shea

« Nous jouions le Sporting Lisbonne qui inaugurait son nouveau stade. J’ai vu à quel point Ronaldo était doué ce jour-là. Il était en face de John O’Shea. John a fini par voir le docteur à la mi-temps parce qu’il avait des vertiges. Le club a conclu son transfert juste après le match. J’en rigole avec O’Shea en lui disant qu’il a permis le transfert en jouant comme un putain de clown. Pour être tout à fait honnête, il avait le jet-lag comme la plupart d’entre nous. […] J’ai tout de suite apprécié Ronaldo. Il avait une bonne attitude. Après l’avoir vu jouer à l’entrainement, je me suis dit qu’il allait devenir l’un des meilleurs joueurs du monde. Il n’avait que 17 ans, mais il était déjà l’un des joueurs qui travaillait le plus à Manchester United ».

9. Sa crise de la quarantaine 

« Le bouton d’auto-destruction est bien là et j’en souffre. Quand je buvais, je partais pendant des jours. C’était ma manière de m’évader, peu importe les conséquences. C’était auto-destructeur. Je peux le voir, et je peux toujours être renvoyé vers ça. Pas vers l’alcool, mais la folie, l’irresponsabilité. Je peux être assis chez moi, être le plus heureux du monde. Une heure plus tard, je suis genre : « Mon Dieu, tout ça, c’est trop dur » […] J’ai beaucoup de stabilité dans vie. Mais cela, ça m’inquiète. J’aime le confort de la maison, puis j’ai envie d’être ce démon. […] Je veux ma femme et mes enfants autour de moi. Je suis tombé dans cette folie, et je n’aime pas ça. Peut-être que je suis comme tous les hommes de cette planète, je ne sais pas. Cette crise de la quarantaine est là depuis des années. Quelqu’un m’a dit un jour, sortir le soir avec moi était comme sortir avec une bombe à retardement ».[hr style= »dotted »]

Roy Keane : The Second Half, aux éditions Weidenfeld & Nicolson

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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