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Angleterre : Wilshere prend cher

L’Angleterre affronte ce lundi la Suisse pour le premier match de qualification à l’Euro 2016. Jack Wilshere sera titulaire à coup sûr. Toujours présenté comme un prodige, le milieu de terrain d’Arsenal est aujourd’hui attaqué durement par la critique.

Paul Basse — 8 septembre 2014
Jack Wilshere
Jack Wilshere

Jack Wilshere est un garçon dont on aime parler en fait, et ce depuis son plus jeune âge. Le bonhomme de 22 ans a une gueule, un sourire rare, toujours une mine un peu contrarié, et un certain franc-parler. Des traits qui caractérisent un footballeur populaire et charismatique. Jack Wilshere est doué. Il a été un surdoué même, lancé chez les pros à 16 ans et 256 jours, le 13 septembre 2008. Tout cela, son potentiel et son image, ont fait de lui un garçon dont on a toujours beaucoup attendu.

Le hic pour l’enfant de l’Hertfordshire, arrivé à Arsenal à l’âge de neuf ans, c’est qu’il n’a pas encore dépassé le stade des espérances. Ce n’est pas qu’il est un talent gâché, loin de là. Mais on attend toujours mieux de ceux qui ont des qualités supérieures à la moyenne : « Wayne Rooney est passé par là, maintenant, c’est au tour de Jack Wilshere, déplorait Arsène Wenger le mois dernier. Je pense qu’il ne devrait pas répondre à cela, mais simplement se concentrer sur son jeu ». Il a tellement nourri d’espoirs quand il a débuté à 18 ans, qu’on se dit que quatre ans plus tard, sa courbe de progression, à défaut d’être ascendante, est aussi plate qu’un album de Coldplay : « Jack Wilshere est arrivé au haut niveau à un âge très jeune. Mais il n’a pas progressé. Il a besoin de figures comme Patrick Vieira à ses côtés, pour lui permettre de franchir un palier. Les blessures ne l’ont pas aidé. Mais il n’est pas meilleur footballeur qu’il ne l’était quand il avait 17 ans », flingue Paul Scholes.

La carrière de Wilshere stagne

Après cette sortie remarquée sur Sky Sports, Scholes a eu le droit à un coup de fil de Wilshere. Par un simple DM sur Twitter à Gary Neville, le chouchou de l’Emirates a obtenu le portable de son idole : « L’appeler m’a permis de mieux comprendre. Il m’a expliqué ce sur quoi je devais travailler. Il avait raison d’une certaine manière. Quand j’ai débuté, il y avait tout ce bla-bla autour de moi. Puis je me suis blessé », décrypte Wilshere. Le numéro 10 des Gunners a manqué une saison entière (2011-2012) à cause d’une blessure à la cheville. Forcément, sa progression en a pris un coup : « Il n’est pas loin du niveau qu’il avait à ses 18 ans, confirme Wenger. Pas parce qu’il ne travaillait pas sérieusement, mais parce qu’il était blessé ».

Scholes a allumé la première mèche. Depuis, il y a eu ces deux clichés à quelques mois d’intervalles de Wilshere clope au bec à l’extérieur d’une boîte de nuit, puis dans une piscine à Las Vegas. D’autres footballeurs sont fumeurs, mais les deux affaires l’ont mis sous le feu des critiques. On ne sera pas de ceux qui trouveront cela très choquant. Mais les photos viennent dans un contexte où son talent est remis en question. Car d’autres personnalités ont emboité le pas de Paul Scholes. Le dernier en date ? Jamie Redknapp dont on attendait beaucoup dans les années 90 (17 sélections, 1 but), capitaine de Tottenham et Liverpool dont la carrière a été ravagée par les blessures.

Jack Wilshere

Après la prestation mièvre de Wilshere lors du match d’ouverture de la saison face à Crystal Palace, le fils d’Harry Redknapp, entraineur à QPR, avait flingué du Wilshere à la télévision : « Avec tout mon respect, je pense que Redknapp devrait avoir, si ce n’est du respect, au moins de l’empathie. Il a été blessé autant que moi. C’est facile d’aller à la télé et dire ‘il devrait faire ceci ou cela' », répond Wilshere, qui n’accepte, on l’a compris, que peu la critique.

Aujourd’hui, il semble toujours être un joueur parmi les autres alors qu’il est attendu -fort d’une personnalité épaisse- comme un leader, un joueur capable de prendre les choses en main et renverser le cours d’un match. Aaron Ramsey (23 ans) a réussi à sauter le pas. D’autres joueurs de sa génération aussi : « Cela n’aurait pas de sens pour moi de dire, j’ai besoin d’une année supplémentaire pour progresser. J’ai 22 ans. Regardez les Allemands. Götze a gagné la Coupe du Monde. Il a 22 ans, mon âge », répond avec lucidité Wilshere.

En sélection, il sera titulaire ce lundi face à la Suisse dans un match qui pourrait déjà définir la première place d’un groupe E très moyen (Slovénie, Estonie, Lituanie, San Marin). Après les retraites de Frank Lampard et Steven Gerrard, voilà Jack Wilshere en première ligne.[hr style= »dotted »]

Crédit photo : Kieran Clarke

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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