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Man Utd : L’autre Patrice Evra

Il s’est battu avec un stadier de Chelsea, a toujours défendu l’institution, avec une mentalité de guerrier : la vraie carrière de Patrice Evra est celle d’une légende à United. Retour sur les huit années d’un joueur qui fait l’unanimité en Angleterre.

Paul Basse — 24 juillet 2014
Patrice Evra - Manchester United
Patrice Evra - Manchester United

14 janvier 2006 : Patrice Evra vient tout juste de signer à Manchester United. Les choses étaient compliquées à Monaco, qui a perdu Didier Deschamps sur démission. Le latéral n’a pas résisté à l’appel d’Alex Ferguson et rejoint Manchester U. Ce jour-là, Patrice Evra se prépare à disputer son premier match avec les Red Devils. Le hasard du calendrier lui a réservé un derby face à City. Arrivé en plein hiver, Evra ne sait pas oú il met les pieds. Avant la rencontre, programmée peu avant midi, les pâtes à 9h du matin ne passent pas. Il les vomit. Sur le terrain, ça n’est pas mieux : Il se fait bouger comme un enfant, mangé par Trevor Sinclair. L’ancienne capitaine des Bleus est remplacé a la mi-temps. “On pouvait lire sur son visage qu’il se disait qu’est ce que je fous là ? », racontait Alex Ferguson dans sa biographie.

La carrière d’Evra à United aura commencé sur un vomi et une piètre performance. Elle se termine avec les honneurs et pleine de titres. Ses plus fervents supporters à Manchester, parle de l’un des plus grands joueurs de l’histoire du club. Une chose est sûre, le nouveau joueur de la Juventus Turin fait l’unanimité car il a été un soldat de la cause United : « Il a été un grand serviteur pour nous, un grand leader, une personne fantastique dans le vestiaire. Il aime Manchester United, il n’y aucun doute là-dessus », résume Dennis Irwin, champion d’Europe en 1999 au Camp Nou.

Le ciment du vestiaire pour Gary Neville

Un Glorious Bastard pourrait-on dire, idole des supporters qui l’ont toujours considéré comme l’un des leurs. N’est-ce pas Evra qui a été l’acteur principal de “The Battle of The Bridge” ? En avril 2008, il s’était chauffé ce jour-là avec un membre du staff de Chelsea après le match perdu (1-2) face aux Blues. L’embrouille dégénère, des coups sont échangés. “Il s’est farci 5 mecs”, rit aujourd’hui Gary Neville sur Man Utd TV. Il gagne le respect pour cette bagarre chez le rival même s’il prit 4 matchs de suspension. « Même si je n’ai jamais pensé qu’il était très bon quand il allait de l’avant, ses passes n’étaient pas excellentes. En défense, il a été assez mauvais ces deux dernières années. Mais il y avait quelque chose de très United en ce qui concerne Evra, qui a fait qu’on l’aimait. C’est difficile de se dire qu’il ne nous manque pas déjà », raconte Ricky, blogueur pour le site Manchesterlalala. Un truc très mancunien qu’on pourrait résumer ainsi : de l’engagement, des trophées, de la loyauté. 

Dévoué, Patrice Evra était un amoureux de United qui a su prendre fait et cause pour le maillot Red. En embrassant, l’histoire du club dans ses drames et ses peines : « J’ai regardé beaucoup de DVD à propos de la catastrophe de Munich, des Busby Babes, Bobby Charlton, George Best, Dennis Law, Cantona. Toute l’histoire du club. Je voulais savoir qui ils étaient, ce qu’ils ont fait pour le club. Juste par respect, parce que quand on sert la main de Sir Bobby Charlton, on peut sentir la légende ». 

Patrice Evra - Manchester United

Dans le vestiaire, Patrice Evra sait mettre l’ambiance et y faire respecter l’institution. Carlos Tévez, Cristiano Ronaldo, Wayne Rooney, Nemanja Vidic : tous prophètes en leur pays sont potes du Pat’. Son emprise est là sur un vestiaire qui suinte l’ego. Ambianceur, blagueur certes, mais il tend la main aux jeunes et aux nouveaux : Il est celui qui tentera d’apprendre quelques mots de coréens quand Park Ji-Sung débarque au club.

Ferguson a toujours admiré Evra. Il l’a vu prendre de l’importance et a fini par lui confier le brassard : « Son influence dans le vestiaire ne peut être vraiment comprise que si on se trouve dedans avec lui, confirme Gary Neville. Il y a des moments où il était le ciment qui le reliait. Un « Come on Boys », ce n’est pas quelque chose qu’on entend souvent de quelqu’un qui n’a pas été formé au club ». Huit années au total au club et une régularité impressionnante. Jamais blessé, toujours au combat, qu’on ne s’y trompe pas ce sont bien ses qualités de gros dur qui l’ont consacré. Pour preuve, il n’a manqué, suspendu ou blessé, que quatre matches lors des cinq dernières années.

Le hiatus est immense vu de l’hexagone. Grande gueule, arrogant, souvent moyen en Bleus : il y a indubitablement du vrai dans ces critiques. Il a été entrainé dans la controverse malgré lui dans l’affaire des insultes racistes de Luis Suarez. Il est aussi celui, rappelle-t-on en Angleterre qui avait voté pour Suarez pour le trophée de meilleur joueur de la saison. Aussi surprenant que cela puisse paraître. En 2010, comme un testament au club il disait : « Chaque fois avant un match, dans ma tête, je me disais que c’était un privilège de jouer pour Manchester United. Quand on enfile ce maillot, on enfile son histoire. Je me disais Dieu merci, je joue pour ce club ».

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Crédit photo : SocialBedia

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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