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Pourquoi Steven Gerrard n’est pas une légende (avec l’Angleterre)

Il avait tout pour tenir l’Angleterre sur ses épaules comme à Liverpool. Mais il n’a jamais réussi. A l’heure de la retraite, sans trophée, mais avec 114 caps, analyse de la carrière du George Harrison de la sélection anglaise : grand joueur, mais qu’on ne citera pas en premier comme Paul McCartney.

Paul Basse — 22 juillet 2014
Steven Gerrard - Angleterre
Steven Gerrard - Angleterre

Dans la dialectique du football anglais, on attribue le statut de hero ou legend  à ceux qui ont marqué l’histoire de notre sport. Eric Cantona, David Ginola, Marcel Desailly, Claude Makelele, Robert Pirès ont tous hérité de cette distinction pour service rendu au Game. Steven Gerrard a décidé de mettre un terme à sa carrière internationale, fort de 114 sélections et 21 buts, sous le maillot de l’Angleterre après l’une des pires Coupe du Monde de l’histoire de la sélection. Légende, héros ou mythe, la question est posée en Angleterre : que restera-t-il de Stevie G ?

En ce qui concerne, Liverpool, Steven Gerrard figure, sans l’ombre d’un doute parmi les plus grands, comme un Ian Rush ou un Kenny Dalglish. Avec l’Angleterre, il n’aura pas atteint ce statut. Le numéro 4 des Three Lions déclarait que ceux qui ont gagné un trophée avec l’Angleterre méritait d’être nommé légende. La critique est forte. Nuançons : Paul Gascoigne, Gary Lineker, Alan Shearer, Michael Owen sont tous au Panthéon du football anglais même s’ils n’ont rien gagné.

Idole absolu des supporters, décisif, leader, loyal et bardé de trophées : sa carrière en club lui assure de rester comme l’un des meilleurs joueurs du football de club, et de Liverpool en particulier. Si Anfield est son royaume, Wembley n’a même pas été son fief. Le troisième joueur le plus capé de l’histoire n’était qu’une star parmi d’autres avec son pays tout au long de sa carrière internationale. Quand un Ashley Cole n’a jamais déçu, Gerrard a un peu merdé au fil des années : Une passe en retrait qui entraine un penalty et un but de Zidane à l’Euro 2004, un tir au but raté contre le Portugal en quarts de finale de la Coupe du Monde 2006, et une tête mal maîtrisée qui lance Luis Suarez et élimine l’Angleterre.

Pas un seul match de légende

Le milieu de terrain a toujours été nettement plus à l’aise à Liverpool, où l’environnement lui est favorable car le maillot rouge est sa source d’inspiration autant que son costume d’idole. Plus emprunté avec l’Angleterre, Gerrard n’a jamais eu la chance d’être vu ou été posé comme le boss chez les Reds. Jamais compatible avec Frank Lampard, avec lequel il formait la paire de milieux défensifs sous Sven-Goran Eriksson, sa position préférée, derrière l’attaquant ne lui a jamais été donnée. Capitaine très (trop ?) tard, il a dû attendre que Ferdinand et Terry quittent la sélection pour pouvoir récupérer le brassard…par défaut. Sans rechigner, dévoué, toujours pro, d’une belle aide pour les jeunes, Gerrard a fait le job même quand Fabio Capello, l’exilait sur l’aile gauche et qu’il le crachait dessus en privé pour cela.

A dire vrai, il lui aura manqué un match mémorable comme avec Liverpool, cette magie où il porte son équipe, comme  un soir de Ligue des champions à Instanbul face à l’AC Milan. Tout juste l’a-t-on vu lors de la victoire cruciale contre Andorre (3-0) en 2007. On pourrait citer la démonstration 5-1 face à l’Allemagne en 2001, mais ce soir-là, c’est Michael Owen, auteur d’un triplé qui avait fait la différence. « Le mal du pays est quelque chose qui me hantera toujours », disait-il dans sa biographie. Difficile dans ces conditions aussi de remporter une grande compétition.

Le cas Gerrard n’est pas différent d’une génération présentée comme dorée, celle autour de 1980, de Rio Ferdinand, John Terry, Lampard, Ashley Cole qui a toujours déçu, jamais dépassé aussi le stade des quarts de finale d’une grande compétition. Jeune, Gerrard portait le maillot de Gascoigne dans son quartier (chaud) de Huyton situé dans la banlieue de Liverpool. Il se rêvait buteur dans les parties entre mômes en finale de Coupe du Monde. Illusions perdues.

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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