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Coupe du Monde : Raheem Sterling, l’évidence

Raheem Sterling est la dernière merveille du football anglais. Titulaire attendu face à l’Uruguay, portrait d’un joueur prodige qui aime les roulettes.

Paul Basse — 19 juin 2014
Raheem Sterling
Raheem Sterling

A l’heure où l’Angleterre foulera le pelouse de Porto Alegre, pour un match, à la vie à la mort face à l’Uruguay, les titulaires choisis par Roy Hodgson –avec ou sans Wayne Rooney– auront peut-être les mains moites ou le visage fermé avec, pour sûr, dans un coin de leur tête la pensée qu’une victoire entretiendrait leur rêve de deuxième tour du Mondial au Brésil. Tous ? sauf peut-être un : Raheem Sterling, le dernier prodige à porter le maillot immaculé de l’Angleterre.

Le milieu offensif de Liverpool a fait sensation samedi, et ravagé la défense italienne, sans pour autant être décisif par un but ou une assist dans la défaite. Mais son talent, ses dribbles, son culot, et sa légèreté ont surpris autant que contenté; parce que ce  gamin a joué librement son jeu, sans appréhension, et de manière tout à fait spectaculaire, pour ses débuts en Coupe du Monde. « Raheem est un genre de joueur différent de ce que j’ai été, souligne Frank Lampard, cantonné au banc et en roue libre durant ce Mondial. Il est tout dans l’instinct, donc pour lui ça doit être difficile de dire comment il fait ci ou ça. Il ne pense pas comme ça. Il pense sur le terrain à la dernière seconde parce qu’il a ses qualités, et sa vitesse ».

Présenté comme le meilleur jeune joueur de la planète par son entraineur, Brendan Rodgers, Sterling est unique. Peu de joueur ont évolué à ce poste, de meneur de jeu axial, avec des qualités qui le commandent peut-être plus à l’aile. Le numéro 19 est l’opposé d’un Riquelme ou d’un Zidane qui dictaient le jeu. Sterling joue là où il est censé ne plus  avoir d’espace, dans l’axe, derrière l’attaquant et se sert de sa vitesse, son sens de la provocation, pour forcer la décision.

L’instinct, le goût du dribble, Sterling l’a peut-être façonné sur le bitume de St Raphael’s Estate, un groupe HLM, dans le Nord-Ouest de Londres. C’est ici que la famille Sterling débarque alors que la future idole n’a que 5 ans. Né en Jamaïque près de Kingston, Sterling est élevé durant son enfance par sa grand-mère au pays. En 2000, sa mère décide d’amener le jeune Raheem et sa soeur dans la capitale anglaise ou plutôt l’un de ses quartiers les plus déshérités, présenté comme le terreau du crime et de la drogue à Londres.

« Il est tout dans l’instinct. Il pense sur le terrain à la dernière seconde » Frank Lampard

Loin de tout ça, le gamin mange, boit et rêve football dans un parking où il tape le cuir. Il faut dire que son quartier n’est qu’à deux pas du mythique Wembley. Ce temps-là, Sterling l’a littéralement dans la peau à la faveur d’un tatouage sur son bras gauche : « Il y a le Stade de Wembley et un jeune garçon avec un ballon dans ses mains, qui regarde le stade en disant que c’est un rêve. J’ai toujours rêvé de jouer pour l’Angleterre et devenir le meilleur« .

Certes tout ceci est un peu cul-cul, mais l’image montre que Sterling a faim. Et ça sent : Il a toujours su facilement sauter les obstacles et eu l’étiquette du prodige en toute décontraction. A 14 ans, on s’arrache le Golden Boy. Les Queen’s Park Rangers raflent la mise. Avant que Liverpool n’ait le dernier mot quelques mois plus tard, en 2010. Rafael Benitez, entraineur à l’époque, flaire le bon coup et signe un chèque de 800.000€ -le transfert pourrait monter jusqu’à 6M€ selon les différents bonus. A cette époque, (il n’y a que 5 ans au final !), Sterling a déjà tout ce qui fait de lui le joueur explosif qu’il est aujourd’hui. Fan absolu de Ronaldinho, il décroche le surnom de Heemio pour sa tendance à imiter l’idole, surtout au dribble, quitte à trop en faire : « J’ai pris de la maturité. Mais quand je dois faire un dribble, je le fais« , dit-il sans se renier.

Crédit : Bernard Chan

Crédit : Bernard Chan

Des capacités qui ont fait de lui une star sur YouTube quand à 16 ans en Youth Cup -la Gambardella anglaise-, le prodige a marqué cinq buts à la (très) modeste équipe de Southend United. Tout s’accélère, débuts en pro à 17 ans, avec l’Angleterre à 18 et en Coupe du Monde à 19. Tout va vite sans vraiment perturber l’intéressé, habitué à tout connaître très vite. Comme la paternité à tout juste 18 ans. L’intéressé a un défaut et le concède il a la mémoire qui flanche : comme se tromper dans la date de naissance de sa fille. Il se dit trop jeune pour se souvenir de l’Euro 2004 et des débuts de Wayne Rooney, l’autre Wonder Kid, qui jouait sans peur il y a dix ans. En septembre, il découvrira la Ligue des champions avec Liverpool, avant cela, sa mission sera jeudi soir de sauver l’Angleterre du naufrage. Vraiment sans pression.

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Crédit : Matt Holyoak pour Esquire

Paul Basse

Fondateur d'Offside ! Spécialiste de Chelsea FC. Grand amateur de Vine.

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